Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann

Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann

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ARTICLE IN PRESS

MONRHU-378; No. of Pages 13

Revue du rhumatisme monographies xxx (2017) xxx–xxx

Disponible en ligne sur

ScienceDirect www.sciencedirect.com

Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann Bracing and exercise therapy adolescent idiopathic scoliosis and Scheuermann’s disease Catherine Marty-Poumarat ∗ , Clémence Palazzo , Robert Carlier Groupe Rachis hôpital R.-Poincaré, boulevard Raymond-Poincaré, 92480 Garches, France

i n f o

a r t i c l e

Historique de l’article : ´ Accepté le 6 decembre 2016 Disponible sur Internet le xxx

Mots clés : Scoliose idiopathique enfant et adolescent Maladie de Scheuermann Corset Rééducation fonctionnelle

r é s u m é Un examen clinique et radiologique minutieux et chiffré de la statique du rachis est la base du traitement des déviations rachidiennes. Le traitement d’une scoliose de l’enfant ou de l’adolescent dont l’évolutivité est prouvée est le corset. La kinésithérapie est un adjuvant mais ne peut pas seule arrêter l’évolution. Le type de corset et le temps de port dépendent du type de scoliose, de sa sévérité et de sa vitesse évolutive et de l’âge osseux. Le traitement de la scoliose est bien codifié. Le traitement de la maladie de Scheuermann moins bien codifié comprend aussi le corset et la kinésithérapie. Il dépend du siège des lésions, de l’âge osseux et de l’importance du trouble de la statique. Un diagnostic précoce de ces pathologies est primordial afin de faire un traitement précoce garant d’un bon résultat. Le corset doit être fait en collaboration appareilleur et médecin formé à l’appareillage à toutes les étapes du traitement et du suivi. Le but est non seulement d’éviter la chirurgie à l’adolescence mais aussi à l’âge adulte. ´ e´ Franc¸aise de Rhumatologie. Publie´ par Elsevier Masson SAS. Tous droits reserv ´ ´ es. © 2016 Societ

a b s t r a c t Keywords: Adolescent idiopathic scoliosis Scheuermann’s disease Bracing Kyphosis Treatment outcome Exercise therapy

A painstaking quantitative assessment of spinal alignment is the foundation for the treatment of scoliosis and kyphosis. In children and adolescents, progressive scoliosis requires bracing. Physical therapy is a useful adjuvant but cannot halt the development of the curvature when used alone. The type of brace and duration of wear vary with the type, severity, and rate of curvature progression, as well as with the patient’s bone age. The treatment of scoliosis is well standardized. In contrast, the consensus is less strong for Scheuermann’s disease, which is also managed by bracing and physical therapy. Treatment decisions depend on the location of the lesions, bone age, and severity of the malalignment. The early diagnosis of these abnormalities is essential, as treatment must be started early to ensure a good outcome. At each step of the treatment and follow-up, an orthotist and a physician trained in spinal bracing should work together to devise the best strategy. The goal is to avoid surgery not only during adolescence, but also during adulthood. ´ e´ Franc¸aise de Rhumatologie. Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved. © 2016 Societ

1. Bases cliniques et radiologiques L’examen clinique et radiologique précis, complet, chiffré de la statique du rachis de face et de profil est un préalable indispensable

pour un diagnostic précis puis pour l’élaboration de la stratégie thérapeutique et le suivi. 1.1. Examen clinique chiffré Il est constitué de :

∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (C. Marty-Poumarat).

• mesure d’une ou des gibbosités debout ou assis le tronc penché en avant (mesure en mm ou en degrés) (Fig. 1) ;

http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001 ´ e´ Franc¸aise de Rhumatologie. Publie´ par Elsevier Masson SAS. Tous droits reserv ´ ´ 1878-6227/© 2016 Societ es.

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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Fig. 1. Examen chiffré du rachis et du bassin dans les 3 plans de l’espace (équilibre de face, flèches sagittales, gibbosités).

• examen de la statique de profil : appréciation globale et mesure chiffrée des flèches sagittales debout avec fil à plomb et règle en position spontanée et corrigée (Fig. 1 et 2) ; • mesure du secteur sous-pelvien (psoas, droit antérieur, ischiojambiers) ; • équilibre frontal du rachis : distance pli-fessier verticale C7 (Fig. 1) ; • équilibre du bassin (debout et en décubitus ventral en bout de table) (Fig. 1) ; • asymétrie des flancs, des épaules ; • courbe de croissance ;

• spiromètrie avec mesure CV surtout pour hypercyphose thoracique et scoliose thoracique ; • stade de maturation sexuelle (normes internationales de Tanner) ; On termine par un examen clinique général et examen neurologique complet. 1.2. Examen radiologique chiffré L’examen radiologique initial comprend au minimum deux radiographies du rachis dans son ensemble du crâne aux têtes

Fig. 2. Différents profils cliniques avec pour chacun mesure des flèches sagittales et points de tangence (d’après Staffel).

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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Fig. 3. Rachis en entier de face debout : mesure de l’angle de Cobb.

fémorales comprises : de face et de profil debout (Fig. 3 et 4). Une face couchée peut être utile pour différencier d’une attitude scoliotique et pour apprécier la réductibilité d’une courbure et parfois radiographies en traction surtout en bilan préopératoire. En cas de cyphose, une radiographie peut être réalisée, soit en hyperextension debout, soit plutôt couché à plat dos avec un billot en dessous du sommet de la cyphose pour évaluer la réductibilité de la cyphose. L’examen peut être complété par des clichés électifs pour préciser d’éventuelles lésions vertébrales. On recherche une éventuelle lyse isthmique associée et spondylolisthésis. La limitation de l’irradiation est une préoccupation surtout chez l’enfant. Cela s’est beaucoup amélioré grâce au numérique et en particulier au système EOS [1]. Les clichés doivent être de qualité donnés sur film de préférence avec agrandissement correct sinon, sur CD. Il faut toujours mesurer soi-même et donc vérifier les mesures faites pas le radiologue qui peuvent être fausses. Les différents paramètres mesurés sont : angle de Cobb de chaque courbure scoliotique, rotation vertébrale, paramètres de profil (lordose lombaire maximum, cyphose thoracique maximum, pente sacrée, incidence pelvienne, version pelvienne, nombre de vertèbres dans la lordose lombaire). Des radiographies sont utiles pour déterminer l’âge osseux : main gauche (Greulich et Pyle), coude (Nahum et Sauvegrain), cliché crêtes iliaques couché si ce n’est pas bien visible sur la Rx du rachis de face (signe de Risser de 0 à 4) (Fig. 5), cartilage en Y et listels des vertèbres visibles sur les Rx du rachis (Fig. 3 et 4). Il faut définir la normalité du profil de chaque individu grâce à un tableau de corrélations qui permet pour chaque individu en fonction de son incidence pelvienne de définir quelle doit être la pente sacrée, la lordose lombaire maximum et la cyphose thoracique maximum (Fig. 6) [2–4]. La dispersion de la valeur de l’incidence pelvienne correspond à la dispersion des profils rachidiens normaux allant du profil plat et sacrum plat à petite incidence au profil et sacrum très incurvé à grande incidence. Tous ces éléments sont d’une importance capitale pour définir le profil pathologique et pour le suivi.

Fig. 4. Rachis en entier de profil debout : mesure des paramètres rachidiens et pelviens. IP : incidence pelvienne ; PS : pente sacrée ; Lmax : lordose lombaire maximum ; Cmax : cyphose thoracique maximum

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Fig. 5. Signe de Risser : différents stades d’ossification des crêtes iliaques de 0 à 5.

2. Scoliose de l’enfant et de l’adolescent 2.1. Rappel La scoliose est une déformation structurée du rachis dans les 3 plans de l’espace. Nous nous limiterons à la scoliose

idiopathique de l’enfant et adolescent (80 % des scolioses). Ce sont en grande majorité des filles (environ 80 %). Nous ne traiterons pas des scolioses secondaires (neurologiques, tumorales, dysplasies, malformatives. . .). Afin de caractériser la scoliose et définir la stratégie thérapeutique, il faut :

Fig. 6. Distribution de l’incidence pelvienne dans une population d’adultes jeunes, tableau de corrélation des paramètres de profil entre l’incidence pelvienne (paramètre anatomique) et la pente sacrée, lordose lombaire maximum et cyphose thoracique maximum (paramètres positionnels). À droite, 2 types extrêmes de profil normaux du rachis.

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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Fig. 7. Diagramme évolutif avec l’âge en mois en abscisse et l’angle de Cobb de chaque courbure en ordonnée. Diagramme d’une scoliose évolutive de 10◦ /an avant corset (croix) et ensuite valeurs de l’angle de Cobb sous corset (points). Ce diagramme permet de définir la vitesse évolutive avant corset et montre la stabilité sous corset.

• affirmer le caractère structuré de la scoliose (gibbosité, rotation vertébrale, déformation persistant en position couchée) et définir le type topographique (le plus souvent 1 à 3 courbures avec des courbures majeures et mineures différentes classifications : Ponsetti, King, Lenke) [5] ; • éliminer une scoliose secondaire. Les éléments clinicoradiologiques qui font suspecter une scoliose secondaire sont les douleurs rachidiennes, une raideur du rachis, un torticolis, une courbure thoracique gauche, des éléments dysmorphiques, des anomalies cutanées, une hyperlaxité, une cardiopathie congénitale, des anomalies à l’examen neurologique, des anomalies sur les radiographies du rachis entier F/P (hémivertèbres, « puzzle vertébral », synostose costale, barre latérale, anomalie d’un pédicule, dysplasie vertébrale, dystrophie de croissance, spondylolisthésis, hémisacralisation) ; • dans ce cadre l’IRM première, holo-rachidienne, multiplanaire et éventuellement le scanner 3D sont indiqués ; • affirmer l’évolution et déterminer la vitesse évolutive. Il est primordial devant une scoliose de l’enfant ou de l’adolescent de pouvoir affirmer son évolutivité pour ne pas faire subir inutilement un traitement long et pénible à un enfant et inversement ne pas laisser évoluer une scoliose qui risque d’être chirurgicale à l’adolescence ou à l’âge adulte en cas de poursuite de l’évolution.

Il existe des lois rigoureuses en particulier édictées par G. Duval-Beaupère [6–8]. Un diagramme individuel (âge en abscisse et Cobb de chaque courbure en ordonnée) permet d’affirmer l’évolution en atténuant les fluctuations de mesure et de déterminer la vitesse évolutive de chaque courbure scoliotique (pente de la droite) et donc de déterminer la stratégie thérapeutique et de suivre l’évolution sous traitement (Fig. 7). La puberté est la période critique avec aggravation parfois très sévère de la scoliose. On doit toujours se rapporter à l’âge osseux et au stade de maturation sexuelle et non pas à l’âge civil.

2.2. Traitement par corset On ne met pas de corset en cas de scoliose non évolutive car le but du corset est d’arrêter l’évolution. 2.2.1. Les différents types de corsets 2.2.1.1. Corset en plâtre thoracolombaire. Avec dans de rares cas une mentonnière, ce corset est fait en cadre orthopédique dérivé du cadre d’Abott et cadre de Cotrel par une équipe spécialisée. Ce corset peut être ouvert et porté la nuit seul ou en complément d’un autre corset de jour. Il est très bien supporté (capitonné de feutre), renouvelé environ tous les 6 mois. Il peut aussi être fermé et porté pendant 2 à 3 mois et éventuellement renouvelé, en cas de scoliose sévère ou de non compliance au traitement (Fig. 8). C’est un excellent corset pour le petit enfant, les scolioses sévères, les scolioses paralytiques et il n’est pas délétère pour la croissance du thorax. On peut cependant déplorer une perte du savoir-faire ce qui fait qu’il ne fait plus partie du traitement dans certains centres. 2.2.1.2. Corset de type Milwaukee. Il comporte une mentonnière permettant ainsi une élongation et des appuis latéraux pour la correction des courbures (Fig. 9). Ce corset se règle avec la croissance et ne comporte pas de contrainte pour le thorax. Le corset de Milwaukee pour le jour est préféré aux autres corsets chez le petit enfant car il ne gêne pas la croissance du thorax. C’est le seul corset possible avec un « sling », c’est-à-dire une main d’appui sur l’épaule (en dehors du plâtre avec têtière) pour les courbures dorsales dont le sommet est au-dessus de D7 [9] (Fig. 9). Cependant, il est souvent mal supporté psychologiquement en port diurne chez l’adolescent ce qui nous conduit à associer le port d’un corset de type Cheneau le jour et d’un corset de Milwaukee ou d’un plâtre la nuit pour les courbures dorsales hautes très évolutives. 2.2.1.3. Corset de type Cheneau. Il est créé en 1978 et fait en polypropylène avec appuis au niveau des gibbosités et chambres libres [10] (Fig. 10), corset Munster. C’est le seul corset dont l’effet

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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Fig. 8. Corset plâtré fermé et corset plâtré ouvert.

de dérotation a été prouvé [11]. Ce que confirme la très bonne correction des gibbosités avec ce corset. Pour des courbures uniques lombaires et thoracolombaires, on peut faire un corset court soit 3 points durs, soit Cheneau court mais en se méfiant d’une possible évolution au-dessus. 2.2.1.4. Corset Boston. Il est fait à partir de modules, ce qui nous paraît moins adapté qu’un corset fait à partir d’un moulage. 2.2.1.5. Corset Lyonnais. Il est créé en 1947 [12]. 2.2.1.6. Corset 3 points. Il est fait en plexidur. 2.2.1.7. Corset de Charleston ou corset dit de Robert Debré. Il est réalisé couché en bending et portable seulement de nuit (Fig. 11).

Les indications de son concepteur Price concernaient des courbures modérées uniques lombaire et thoracolombaire [13]. Il existe une dérive dans certains centres avec indication dans des scolioses sévères, sur des scolioses à plusieurs courbures et des scolioses paralytiques. Ce corset lorsqu’il est prescrit seul correspond à un port nocturne insuffisant pour empêcher l’évolution des scolioses sévères et donc aboutit plus souvent à une chirurgie [14]. Sa tolérance en fait est moyenne. L’équipe de Labelle a montré son effet délétère sur les articulaires postérieures controlatérales [15]. Il n’a pas d’effet de dérotation, gibbosités inchangées.

2.2.1.8. Le corset de Caen. Il comprend un bending plus modéré associé à des appuis latéraux au niveau des gibbosités, corset porté seulement de nuit et donc insuffisant dans les scolioses très évolutives.

Fig. 9. Corset de type Milwaukee avec sur photo de droite un appui de type Sling.

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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Fig. 10. Corset Cheneau ou CTM avec appuis au niveau des gibbosités lombaire gauche et thoracique droite et chambres libres en regard.

2.2.1.9. Autres corsets. Ce sont les corsets Sforzesco Brace, Corset 3D pour des scolioses à petit angle peu évolutives, Spine Cor avec des sangles (dynamique non rigide) pour de petites scolioses et très cher, Corset CMCR (les Massues Lyon). . . À part le corset dit Garchois particulièrement bien adapté à la scoliose paralytique en raison de la prise du bassin oblique, de l’effet sur l’effondrement, du minimum de contrainte thoracique.

collaboration du médecin car aucune de ces méthodes ne peut simuler actuellement la pression exercée au niveau des appuis et leur effet [8]. L’intérêt du numérique par rapport au moulage plâtre est le confort du patient et de l’orthoprothésiste et cela permet de retravailler le plan frontal et sagittal. Mais cela est dépendant du technicien car les corrections sont faites dans le virtuel par rapport aux corrections faites par le moulage en plâtre.

2.2.2. Les différentes méthodes 2.2.2.1. Moulage plâtré. En cadre orthopédique, il est dirigé et contrôlé par le médecin ainsi que les corrections et réglages des corsets. La radiographie contrôle la réduction obtenue et la situation correcte des appuis (Fig. 12). 2.2.2.2. Capture informatique de « scannérisation ». Dite aussi méthode externe type CFAO, Orten, mais ces dernières méthodes exigent une grande compétence des appareilleurs et la

2.2.2.3. On peut aussi associer les 2 méthodes : scannériser le moulage plâtré. Ces corsets corrigent les courbures avec une réductibilité en moyenne de 50 p. 100. On suit l’évolution environ tous les 4 mois à la fois cliniquement et radiologiquement avec et sans corset avec le diagramme évolutif (Fig. 7). Le corset est réadapté ou renouvelé lors du suivi. Dans l’année qui suit l’ablation du corset, il est fréquent de rattraper les angles de départ c’est-à-dire les angles juste avant corset, d’où l’importance d’un diagnostic précoce à petit angle.

Fig. 11. Corset en bending (portable seulement de nuit Charleston, Robert Debré).

2.2.3. Indications thérapeutiques Elles dépendent de l’analyse d’un ensemble d’éléments : de l’évolutivité, de l’importance des gibbosités, des angles de Cobb, des courbures sagittales, du déséquilibre latéral, du stade pubertaire et du stade de maturation osseuse, de la topographie et de l’étendue des courbures structurées. Parfois, association de 2 types de corset : plâtre nuit + corset jour ou 2 corsets (exemple Cheneau jour et Milwaukee nuit). À Risser 4, on passe à un port nocturne. À Risser 5, on arrête le corset. Le corset est porté de 20 h/24 h à un port seulement nocturne selon la vitesse évolutive et l’importance de la scoliose. Il faut rappeler que la chirurgie doit être l’ultime recours du traitement de la scoliose de l’enfant. En pratique, chaque équipe utilise les corsets pour lesquels elle se sent la plus compétente. Ce qui est important est le résultat : arrêter l’évolution de la scoliose sans être délétère. Les corsets doivent aussi tendre à corriger le profil : corriger une hypercyphose thoracique, une cyphose thoracolombaire, éviter d’aggraver un dos

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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Fig. 12. En haut moulage plâtré en cadre de Cotrel. En bas à gauche, un exemple de capture informatique ; en bas à droite, travail des images numérisées.

creux. On vérifie la capacité vitale sous corset. Les effets secondaires sont très rares et gérables [16]. Les essayages et livraison et « service après-vente » doivent être faits en collaboration médecin et appareilleur et non pas comme on le voit trop souvent par l’appareilleur seul. C’est un acte médical, le port d’un corset est une décision « lourde » pour un enfant ou adolescent. Aussi, tout doit être contrôlé par le médecin dès le départ. Hélas peu de médecins sont formés à l’appareillage. Il faut prendre le temps d’expliquer le traitement à l’enfant et à la famille. Nous avons élaboré un carnet expliquant la scoliose et le traitement au patient et à la famille le traitement de la scéiose (Annexe A, document S1 ; voir le matériel complémentaire accompagnant la version en ligne de cet article). Les causes d’échec du traitement sont une mauvaise stratégie thérapeutique (corset mal fait, mal toléré, temps de port insuffisant), une mauvaise compliance, une mauvaise qualité du suivi (mesures, corset), une scoliose très sévère échappant au traitement. 2.3. Kinésithérapie On associe au corset la kinésithérapie à la seule condition qu’elle soit bien faite. Seule, elle ne peut pas arrêter l’évolution d’une scoliose. Elle comporte : • des assouplissements des zones enraidies, voire rétractées (fléchisseurs de hanches, ischio-jambiers, pectoraux), un étirement du flanc correspondant à la fermeture de l’angle ilio-lombaire, l’assouplissement des gibbosités. Des postures sont parfois utiles ; • une rééducation respiratoire dans les courbures thoraciques et dos creux ; • un travail de rééquilibration du tronc de face et de profil avec des autograndissements permettant au patient de mieux connaître son corps et de corriger la statique de face et de profil, en position assise et debout ;

• des exercices cyphosant du rachis dorsal (dos creux) ou lordosant du rachis lombaire ou assouplissement en extension d’une cyphose selon les cas ; • un travail musculaire actif des abdominaux, fessiers et surtout des spinaux ; • en cas de rééducation en centre, des tractions en décubitus dorsal autopassives sur table de Cotrel. Cette rééducation doit être individuelle, au rythme au moins de 2 séances par semaine d’au moins une demi-heure. Tous les sports sont permis sauf en cas de maladie de Scheuermann associée ou de lyse isthmique et de spondylolisthésis. 2.4. Littérature Nombreuses sont les publications sur le traitement par corset mais avec une hétérogénéité des méthodologies sur les effectifs, le type de corset, la durée. De plus, il faudrait faire un suivi suffisamment long de ces enfants à l’âge adulte. Les principales études sont : • Nachemson et al. [17]. C’est une étude prospective sur 286 filles avec une courbure thoracique entre 25 et 35◦ avec corset mis temps plein. La définition de l’échec était ≥ 6◦ sur 2 radios successives par rapport à la radio initiale. Le groupe corset montrait un taux de 74 % succès à 4 ans, p < 0,0001 et seulement 34 % dans le groupe observation équivalent à la stimulation électrique ; • Danielson et al. [18] et Negrini et al. [19] montrent l’efficacité du corset par rapport à un groupe sans corset en prenant comme référence de succès ou d’échec le taux de chirurgie ; • Rowe et al. montrent la supériorité du port 23 h/24 h du corset par rapport à 16 h qui lui-même est supérieur au port seulement nocturne [20] ; • Rahman et al. montrent la corrélation qui existe entre compliance au corset et résultat [21] ;

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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• Katz et al. montrent la supériorité du corset Boston par rapport au corset de Charleston. Pour des scolioses de Cobb > 36◦ , le taux d’échec est de 43 % pour le Boston et de 83 % pour le corset de Charleston (p < 0,0001) [14] ; • Lebel et al. ont comparé la correction en 3D du corset Cheneau par rapport au corset de Boston et ont montré qu’il existait une dérotation significative avec le corset Cheneau [11] ; • Stokes et Luk, en 2013, dans une revue de la littérature, concluent à la supériorité du corset par rapport à l’observation, la supériorité du temps plein au temps partiel et la supériorité du corset rigide au corset souple [22] ; • Weinstein et al. ont comparé un groupe de scoliose à haut risque sans corset à un groupe avec traitement par corset (corset différent selon centre) [16]. Le port du corset était au moins 18 h et l’originalité de cette étude est la présence de capteurs et enregistreurs de la température ce qui permet de savoir de fac¸on certaine le temps de port du corset. La définition de l’échec est ≥ 50◦ en fin de traitement et la définition de la réussite est < 50◦ à Risser 4 F ou 5 G. Cette étude montre une corrélation (p < 0,001) entre le nombre d’heures de port moyen du corset et le taux de succès. Le taux de succès du corset est de 74 %. On peut déplorer la limite de 50◦ qui une limite très haute et donc réducteur par rapport au risque de chirurgie et sans prendre en compte le risque d’évolution à l’âge adulte. Cette étude montre également qu’il n’y a pas de différence significative de qualité de vie avec un seul effet secondaire important. Cette étude est fondamentale pour montrer l’importance du temps de port du corset.

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3. Maladie de Scheuermann 3.1. Rappel La maladie de Scheuermann ou dystrophie vertébrale de croissance ou épiphysite de croissance était décrite initialement à l’étage thoracique (cyphose dystrophique thoracique). Cette pathologie, bien que fréquente chez les adolescents, reste mal connue. La localisation lombaire est particulièrement mal étudiée, en effet, les spécialistes enfant ignorent souvent les conséquences possiblement graves survenant à l’âge adulte avec rachis dégénératif précoce. Le diagnostic précoce, la prévention des déformations et de la dégénérescence discale est primordiale. Il existe une composante génétique de transmission autosomique dominante et une partie mécanique (fréquence dans certains sports de haut niveau) [23–25]. Comme pour la scoliose, la puberté est une période critique avec aggravation rapide et apparition des lésions connues radiologiques. Avant la puberté, le diagnostic (pré-Scheuermann) est plus difficile en raison de l’absence des lésions typiques radiologiques et il repose sur un ensemble d’éléments cliniques : cyphose persistante malgré une kinésithérapie bien faite, les antécédents familiaux, les douleurs. Scheuermann a décrit pour la première fois en 1921 l’hypercyphose thoracique structurée avec cunéiformisation des vertèbres [26]. Sorensen a donné en 1964 une définition radiologique de la maladie de Scheuermann thoracique : cunéiformisation antérieure de 5◦ ou plus d’au moins 3 vertèbres adjacentes à l’apex de la cyphose thoracique (définition classique de la forme typique) [27] (Fig. 13). En fait, il existe d’autres formes de maladie de Scheuermann.

2.5. Indication chirurgicale Elle se fait sur un ensemble d’éléments (âge si possible ≥ Risser 1, topographie permettant de définir l’étendue de l’enraidissement). Les facteurs de gravité sont : angle de Cobb, rotation, gibbosité, vitesse évolutive, équilibre frontal et sagittal, aspect esthétique, fonction respiratoire, risque estimé d’évolution adulte.

3.1.1. Selon la topographie (thoracique, thoracolombaire, lombaire) Dans la forme classique de maladie de Scheuermann (cyphose thoracique), il existe une augmentation des flèches cervicale et lombaire et il existe une flèche sacrée (Fig. 13). L’hypercyphose thoracique entraîne une hyperlordose lombaire compensatrice et une

Fig. 13. Deux grands types de profil dans la maladie de Scheuermann selon le siège des lésions : thoracolombaire (et lombaire) et thoracique.

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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Fig. 14. Mesure des paramètres de profil sur les radiographies du rachis en entier de profil et différentes lésions radiologiques de la maladie de Scheuermann.

rétroversion relative du bassin ce qui permet de restituer l’équilibre sagittal. Il existe souvent une projection antérieure de la tête et du cou et un enroulement antérieur des épaules avec une rétraction des pectoraux. En cas de cyphose lombaire ou thoracolombaire, il existe une inversion de courbures avec une augmentation de la flèche cervicale, souvent une flèche dorsale, un point de tangence en dorsal bas ou lombaire haut. La cyphose peut être angulaire très raide et alors de plus mauvais pronostic pour la réussite du traitement ou plus harmonieuse et partiellement ou complètement réductible. 3.1.2. Selon les lésions radiologiques Elles comprennent les nodules de Schmorl (hernie intraspongieuse), les hernies retromarginale antérieure ou postérieure, les

irrégularités des plateaux vertébraux, la cunéiformisation des vertèbres (la cunéiformisation d’une seule vertèbre est suffisante pour Bradford et al. [28]), les pincements discaux (Fig. 14). Cleveland et Delong parlent de maladie de Scheuermann quand 2 de ces critères existent [29]. Les pincements discaux correspondent à une véritable dégénérescence discale sur l’IRM (Fig. 15).

3.1.3. Selon le type de cyphose Avec tout un spectre allant de la cyphose posturale passant par la maladie de « Préscheuermann » aboutissant à la maladie classique de Scheuermann avec une réductibilité variable. Ainsi, ces distinctions peuvent rendre le diagnostic difficile et les décisions thérapeutiques controversées.

Fig. 15. Lésions de la maladie de Scheuermann visible sur les coupes coronales et sagittales d’IRM du rachis entier (dégénerescence discales, lésions inflammatoires discales, hernies intraspongieuses).

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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• corsets anticyphose de différents types (Fig. 17) faits en différents matériaux, réglables différemment. Ils doivent comporter 3 appuis : un appui postérieur en dessous du sommet de la cyphose, et deux contre-appuis antérieurs, préhuméraux et abdominaux. Le segment supérieur du corps doit se projeter en arrière des têtes fémorales ; • pour la maladie de Scheuermann lombaire : corset court lordosant en polypropylène (Fig. 18) dont le but est de rétablir ou de conserver la lordose lombaire en mettant en extension les vertèbres siège des lésions et de corriger une cyphose localisée ; • en cas de scoliose associée, on ajoute des appuis et des chambres libres lors de la confection du plâtre, on adapte le corset de Milwaukee en ajoutant des mains d’appui latéral, on utilise éventuellement le corset type Cheneau qui permet un bon remodelage du corps et peut corriger une cyphose dorsale basse.

Fig. 16. Corset de Milwaukee pour hypercyphose thoracique avec 2 appuis postérieurs dont la limite supérieure correspond au sommet de la cyphose.

Les motifs de consultation sont les douleurs, une mauvaise statique « il se tient mal », un souci esthétique, plus rarement une scoliose, un contexte familial et parfois une découverte fortuite. Mais il existe trop fréquemment un retard de diagnostic. Les douleurs ou gène chez l’enfant et l’adolescent sont des dorsalgies ou lombalgies en général modérées, intermittentes, non invalidantes, favorisées par l’activité, le port de charges lourdes (cartable), les positions debout ou assise prolongées. La fréquence des douleurs est variable selon les études et souvent sous-estimée. La maladie de Scheuermann est la cause principale des lombalgies chez l’enfant. Le siège des douleurs correspond généralement au siège des lésions radiologiques. La maladie de Scheuermann est source de douleurs rachidiennes à l’âge adulte souvent mésestimée [30–32]. 3.2. Corsets 3.2.1. Différents types de corset Ils sont les suivants : • corset plâtré avec ou sans têtière selon le niveau de la cyphose. Il est fait en décubitus dans le cadre dérivé du cadre d’Abott avec correction de la cyphose à l’aide d’une bande en U placée en dessous de son sommet, en veillant à conserver une lordose lombaire correcte et une antéversion correcte du bassin avec projection du segment supérieur du corps en arrière des têtes fémorales. Ce corset est renouvelé régulièrement pour permettre une correction progressive ; • corset de Milwaukee (Fig. 16), orthèse dynamique permettant l’extension progressive du rachis et la correction de la cyphose grâce à la têtière et à deux tampons placés en dessous du sommet de la cyphose. On y associe des appuis pré-huméraux ou des sangles d’épaules. Il faut également veiller à corriger la lordose lombaire et la version pelvienne ;

3.2.2. Méthodes (voir chapitre scoliose) Indications : les indications contrairement à la scoliose sont discutées et mal codifiées. Le but du traitement est d’arrêter l’évolution, d’améliorer la statique et de prévenir les lésions dégénératives précoces. Il faut différentier la simple cyphose posturale étendue, complètement réductible, non douloureuse, chez un adolescent souvent non sportif, « avachi » avec absence de lésions radiologiques de Scheuermann. Il faut éliminer une pathologie neuromusculaire. Une rééducation bien faite et la pratique du sport améliorent spectaculairement la cyphose posturale. Pour Tribus, l’indication du corset dans la forme thoracique dépend de l’importance de la cyphose, de son évolution et du stade de maturation osseuse [33]. Dans la forme lombaire et thoracolombaire, il faut traiter facilement d’autant que le corset court est facile à porter et supprime immédiatement les douleurs. Avoir aussi l’indication facile d’un corset court dès que l’on soupc¸onne un pré-Scheuermann en lombaire et thoracolombaire. Car plus le traitement est précoce, plus il est facile et plus il est efficace. En cas de prise en charge précoce, on peut parfois arrêter le traitement avant la fin de la maturation osseuse. 3.3. Littérature Il existe très peu de littérature sur la maladie de Scheuermann lombaire mal connue des spécialistes enfant. Différents travaux montrent l’efficacité des corsets [34–36]. D’après une étude du centre des Massues en 1990, les facteurs pronostiques de bon résultat sont : le degré de la réductibilité, l’angle de la cyphose, l’absence de scoliose, l’âge osseux précoce et le degré cunéiformisation des vertèbres [35]. 3.4. Kinésithérapie Elle doit être individuelle et au moins 2 fois une demi-heure par semaine. Le travail de rééducation comprend : • un travail postural avec des autograndissements assis et debout dont le but est de corriger la statique du rachis d’autant mieux que la courbure est réductible ; • un travail d’assouplissement de la cyphose dorsale ; • un travail lordosant en lombaire en cas de Scheuermann lombaire ; • des étirements et des postures d’élongation des ischio-jambiers, des pectoraux et parfois des fléchisseurs de hanche ; • éventuellement une rééducation respiratoire ; • un travail musculaire actif des abdominaux, fessiers et extenseurs du rachis ; • des tractions sur table sont associées en cas de rééducation en centre.

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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Fig. 17. Corset en polypropyléne et plexidur avec appuis préhuméaraux pour hypercyphose thoracique.

Fig. 18. Corset court lordosant pour maladie de Scheuermann lombaire avec principes de correction.

Parfois dans des formes légères contrairement à la scoliose, la kinésithérapie seule peut suffire. Il faut supprimer les sports violents, les ports de charge (ex. acrosport), les sauts violents (trempoline, saut en hauteur, en longueur), les chutes brutales (judo) supprimer l’équitation pendant la période critique de croissance.

3.5. Indications chirurgicales Elles dépendent de l’importance de la cyphose, des lésions vertébrale et discale et des douleurs. La chirurgie chez l’adolescent est

très rare surtout pour des cyphoses sévères mais plus nombreuses sont les indications à l’âge adulte sur les conséquences dégénératives en particulier dans les formes lombaire et thoracolombaire.

4. Conclusion La scoliose de l’enfant et l’adolescent bien qu’on ne connaisse toujours pas la physiopathologie est bien codifiée au point de vue traitement contrairement à la maladie de Scheuermann encore mal connue surtout pour ses conséquences à l’âge adulte. Le traitement par corset doit être initié par un médecin spécialisé et suivi en

Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001

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collaboration avec l’appareilleur à toutes les étapes et pour le suivi. La qualité est fondamentale car il n’est pas anodin de faire porter un corset à un enfant ou adolescent et inversement il faut éviter au maximum la chirurgie qui est une chirurgie enraidissante du rachis. Il faut insister sur l’importance du diagnostic précoce hélas il y a une régression dans ce domaine en raison du manque de médecins scolaires, de l’insuffisance de formation des médecins généralistes et médecin spécialisés. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. Annexe A. Matériel complémentaire Le matériel complémentaire (document S1) accompagnant la version en ligne de cet article est disponible sur http://www.sciencedirect.com et http://dx.doi.org/10.1016/j. monrhu.2016.12.001. Références [1] Roffi F, Mokthtari S, Laurent D.1res journées du rachis de Garches. 2009. p. 63–74. [2] Duval-Beaupère G, Schmidt C, Cosson PH. A barycentremetric study of the sagittal shape of spine and pelvis. Ann Biomed Eng 1992;20:451–62. [3] Legaye J, Duval-Beaupère G, Hecquet J, et al. The incidence, fundamental pelvic parameter for the tridimensionnal regulation of the spinal sagittal curves. Eur Spine 1998;7:99–103. [4] Marty C, Boisaubert B, Descamps H, et al. The sagittal anatomy of the sacrum among young adults, infants and spondylolisthesis patients. Eur Spine 2002;11:119–25. [5] Lenke LG, Betz RR, Harms J. Adolescent idiopathic scoliosis, a new classification to determine extent of spinal arthrodesis. J Bone Joint Surg (Am) 2001;83A:1169–81. [6] Duval-Beaupère G, Dubousset J, Queneau P, et al. Pour une théorie unique de l’évolution des scolioses. Presse Med 1970;78:1141. [7] Duval-Beaupère G. Rib hump and supine angle as prognostic factors of mild scoliosis. Spine 1992;17:103–7. [8] Marty-Poumarat C, Duval-Beaupere G.1res journées du rachis de Garches. 2009. p. 23–30. [9] Blount WP, Schmidt AC, keever ED, et al. The Milwaukee brace in the operative treatment of scoliosis. J Bone Joint Surg (Am) 1958;40-A:511–25. [10] Cheneau J. Corset-Cheneau manuel d’orthopédie des scolioses suivant la technique originale. Paris: Frison-roche; 1994. [11] Lebel DE, Al-Aubaidi Z, Shin EJ, et al. Three dimensional analysis of brace biomechanical efficacy for patients with AIS. Eur Spine J 2013;22:2445–8. [12] Stagnara P, De Mauroy JC. Actualités en rééducation fonctionnelle et réadaptation. Résultats à long terme du traitement orthopédique lyonnais. Paris: Éd Masson; 1977.

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Pour citer cet article : Marty-Poumarat C, et al. Appareillage et kinésithérapie : scoliose de l’enfant et maladie de Scheuermann. Revue du rhumatisme monographies (2017), http://dx.doi.org/10.1016/j.monrhu.2016.12.001