Carcinome épidermoïde de la vulve et grossesse : des choix difficiles

Carcinome épidermoïde de la vulve et grossesse : des choix difficiles

Lettres a` la re´daction / Gyne´cologie Obste´trique & Fertilite´ 43 (2015) 623–627 [3] Green DM, Kawashima T, Stovall M, et al. Fertility of female s...

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Lettres a` la re´daction / Gyne´cologie Obste´trique & Fertilite´ 43 (2015) 623–627 [3] Green DM, Kawashima T, Stovall M, et al. Fertility of female survivors of childhood cancer: a report from the Childhood Cancer Survivor Study. JCO 2009;27(16):2677–85. [4] Rousset P, Cattin F, Chiras J, Bonneville JF, Bonneville F. Valeur diagnostique d’un hyposignal T2 de la re´gion sellaire. J Radiol 2009;90(6):693–705. [5] Cundy T, Butler J, Bomford A, Williams R. Reversibility of hypogonadotrophic hypogonadism associated with genetic haemochromatosis. Clin Endocrinol 1993;38(6):617–20. [6] Chan C, Liu K. Clinical pregnancy in a woman with idiopathic hypogonadotropic hypogonadism and low AMH: utility of ovarian reserve markers in IHH. J Assist Reprod Genet 2014;31(10):1317–21. [7] Tran ND, Cedars MI, Rosen MP. The role of anti-Mu¨llerian hormone (AMH) in assessing ovarian reserve. J Clin Endocrinol Metabol 2011;96(12):3609–14. ¨ zmen B, Atabekoglu CS, et al. Serum anti-Mullerian hormone [8] So¨nmezer M, O levels correlate with ovarian response in idiopathic hypogonadotropic hypogonadism. J Assist Reprod Genet 2012;29(7):597–602. [9] Dewailly D, Andersen CY, Balen A, et al. The physiology and clinical utility of anti-Mullerian hormone in women. Hum Reprod Update 2014;20(3):370–85. [10] Jonard S, Pigny P, Jacquesson L, Demerle-Roux C, Robert Y, Dewailly D. The ovarian markers of the FSH insufficiency in functional hypothalamic amenorrhoea. Hum Reprod 2005;20(1):101–7. [11] Singer ST, Vichinsky EP, Gildengorin G, et al. Reproductive capacity in iron overloaded women with thalassemia major. Blood 2011;118(10):2878–81. [12] Chang HH, Chen MJ, Lu MY, et al. Iron overload is associated with low antiMu¨llerian hormone in women with transfusion-dependent B-thalassaemia. BJOG 2011;118(7):825–31. [13] Elchuri SV, Williamson RS, Clark Brown R, et al. The effects of hydroxyurea and bone marrow transplant on anti-Mu¨llerian hormone (AMH) levels in females with sickle cell anemia. Blood Cells Mol Dis 2015;55(1):56–61.

L. Legrouxa, P. Roussetb, P. Marec-Be´rardc, N. Garnierd, C. Rousset-Jablonskie,*,f a Centre Le´on-Be´rard, 28, rue Lae¨nnec, 69008 Lyon, France b Service de radiologie, centre hospitalier Lyon Sud, hospices civils de Lyon, 165, chemin du Grand-Revoyet, 69495 Pierre-Be´nite, France c Institut d’he´matologie et d’oncologie pe´diatrique, centre Le´on-Be´rard, 1, place Joseph-Renault, 69008 Lyon, France d Institut d’he´matologie et d’oncologie pe´diatrique, hospices civils de Lyon, 1, place Joseph-Renault, 69008 Lyon, France e De´partement de chirurgie, centre Le´on-Be´rard, 28, rue Lae¨nnec, 69008 Lyon, France f Service de gyne´cologie-obste´trique, centre hospitalier Lyon Sud, hospices civils de Lyon, 165, chemin du Grand-Revoyet, 69495 Pierre-Be´nite, France *Auteur correspondant Adresse e-mail : [email protected] (L. Legroux)

1. Observation Une patiente de 29 ans, deuxie`me geste nullipare avec un ante´ce´dent de fausse couche spontane´e, a pre´sente´ une volumineuse le´sion vulvaire pe´riclitoridienne ulce´re´e de 6 cm avec des ade´nopathies inguinales centime´triques palpables bilate´rales a` 15 semaines d’ame´norrhe´e (SA) (Fig. 1). Cette patiente e´tait traite´e pour un psoriasis vulvaire re´current par dermocorticoı¨des de la 5e a` la 12e SA. La biopsie de cette masse et la cytoponction d’une ade´nome´galie inguinale concluaient a` un carcinome e´pidermoı¨de infiltrant peu diffe´rencie´ avec un envahissement me´tastatique ganglionnaire. L’IRM pelvienne et lomboaortique montrait une hypertrophie tumorale vulvaire formant une masse polylobe´e de 67  70  67 mm, sans extension au col ve´sical ni a` la filie`re vaginale associe´e a` plusieurs ade´nopathies inguinales et lomboaortiques (Fig. 2). Une chimiothe´rapie ne´oadjuvante hebdomadaire, de´cide´e en re´union de concertation pluridisciplinaire, par carboplatine-vinorelbine en raison d’une allergie au taxol a e´te´ de´bute´e a` 18 SA. L’e´volution e´tait de´favorable avec une progression tumorale, la tumeur ne´crotique mesurant 24 cm a` 28 SA et 2 jours et l’apparition de nodules de perme´ation au niveau du mont de Ve´nus (Fig. 3). La patiente a de´veloppe´ un sepsis a` Pseudomonas Aeruginosa a` point de de´part vulvaire, non controˆle´ par une antibiothe´rapie cible´e ne´cessitant la re´alisation d’une ce´sarienne en urgence a` 29 SA et 1 jour avec la naissance d’une fille de 1296 g dont l’e´volution ne´onatale fut favorable. Une chimiothe´rapie par ce´tuximab et cisplatine a e´te´ de´bute´e a` 9 jours de l’accouchement, puis par ce´tuximab seul apre`s deux cures en raison d’une pancytope´nie de manie`re concomitante a` une radiothe´rapie. La patiente est de´ce´de´e d’une de´compensation cardiorespiratoire dans un contexte de me´tastases pulmonaires 5 mois apre`s le diagnostic initial. 2. Discussion Dans la litte´rature, le traitement de re´fe´rence du cancer vulvaire est chirurgical par vulvectomie partielle ou totale lors des deux premiers trimestres de la grossesse [8]. Cette prise en charge tient compte de l’aˆge gestationnel, de la topographie tumorale et de son stade [9]. Pour notre patiente, la strate´gie the´rapeutique initialement discute´e e´tait une interruption the´rapeutique de

Rec¸u le 30 mai 2015 ˆ t 2015 Disponible sur Internet le 20 aou http://dx.doi.org/10.1016/j.gyobfe.2015.07.012

Carcinome e´pidermoı¨de de la vulve et grossesse : des choix difficiles Squamous cell carcinoma of the vulva and pregnancy: Tough choices Le cancer vulvaire repre´sente 3 a` 5 % des cancers gyne´cologiques avec une incidence estime´e a` 1–2 cas pour 100 000 femmes [1], sous la forme de carcinome e´pidermoı¨de dans 80 a` 90 % des cas [2] et survenant pre´fe´rentiellement chez des patientes me´nopause´es, l’aˆge moyen au diagnostic e´tant de 70 ans [3]. Si 15 % des cancers de la vulve sont diagnostique´s avant 50 ans, ils restent cependant une entite´ clinique rare pendant la grossesse [4]. La prise en charge de cette pathologie reste controverse´e meˆme si la plupart des auteurs recommande un traitement chirurgical selon les meˆmes modalite´s que chez les patientes non enceintes [5–7].

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Fig. 1. Cancer vulvaire a` 15 SA. En position gyne´cologique.

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Fig. 2. IRM pelvienne et lomboaortique pre´the´rapeutique a` 18 SA et 3 jours : a : coupe axiale ; b : coupe sagittale ; c : coupe frontale.

grossesse avec une chirurgie tumorale premie`re, puis une radiochimiothe´rapie adjuvante. L’alternative propose´e avait e´te´ une chimiothe´rapie premie`re jusqu’a` la viabilite´ fœtale suivie d’une chirurgie et radiothe´rapie comple´mentaire, compte tenu d’un de´sir du couple de pre´server la grossesse malgre´ le pronostic tre`s pe´joratif concernant les possibilite´s de survie maternelle. En effet, une chirurgie premie`re n’a jamais pu eˆtre propose´e a` notre patiente enceinte du fait d’un volume tumoral initial tre`s

important et d’une progression tumorale tre`s rapide. Le roˆle de la chimiothe´rapie ne´oadjuvante par carboplatine-paclitaxel dans la prise en charge the´rapeutique du carcinome e´pidermoı¨de vulvaire est moins bien de´fini, associe´e dans la litte´rature a` un faible taux de re´ponse et dont le roˆle est plutoˆt celui d’une radiosensibilisation. En effet, dans les recommandations e´mises en 2010 par la Socie´te´ franc¸aise d’oncologie gyne´cologique, une chimiothe´rapie seule n’est re´serve´e qu’aux stades IVB et a` vise´e

Fig. 3. Cancer vulvaire a` 28 SA. En position gyne´cologique.

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palliative mais elle peut eˆtre ne´anmoins associe´e a` une radiothe´rapie concomitante ne´odjuvante dans les stades III ou IVA. Pour notre patiente, la paclitaxel a du eˆtre interrompu apre`s deux cures par de la vinorelbine en raison de manifestations allergiques. Les limites dans le choix de la strate´gie the´rapeutique du fait, d’une part, d’une tumeur inope´rable et, d’autre part, de la conduite de la grossesse sont expose´es dans ce cas. La part lie´e a` l’e´tat gravide semble e´leve´e et les e´le´ments pe´joratifs vont se cumuler pour alte´rer le pronostic : le jeune aˆge, le stade tumoral avance´, le retard de diagnostic et l’absence de the´rapeutique standardise´e. Ces donne´es imposent un suivi strict meˆme si aucune recommandation particulie`re ne peut eˆtre e´tablie. Cet e´quilibre de´licat ne´cessite toujours une discussion pluridisciplinaire incluant les gyne´cologues, oncologues, radiothe´rapeutes, obste´triciens et ne´onatologistes en coope´ration avec le couple. Un plan personnalise´ de suivi doit donc toujours eˆtre propose´ aux patientes en re´union de concertation pluridisciplinaire. Le cancer de la vulve est une entite´ clinique rare pendant la grossesse. Une biopsie vulvaire est fortement recommande´e devant toute le´sion suspecte afin d’obtenir une preuve histologique. La prise en charge de cette pathologie reste discute´e et doit eˆtre individualise´e en fonction de la topographie tumorale, de son stade, de l’aˆge gestationnel et du de´sir de la patiente selon les meˆmes modalite´s que les patientes non enceintes. Une e´valuation comple`te multidisciplinaire est indispensable et la surveillance de ces patientes adapte´e. ˆ ts De´claration d’inte´re Les auteurs de´clarent ne pas avoir de conflits d’inte´reˆts en relation avec cet article.

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L. Lecointre*, A. Gaudineau, C. Hild, N. Sananes, B. Langer Poˆle de gyne´cologie-obste´trique, unite´ d’obste´trique, CHRU de Strasbourg, avenue Molie`re, 67200 Strasbourg cedex, France *Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (L. Lecointre) Rec¸u le 6 octobre 2014 ˆ t 2015 Disponible sur Internet le 18 aou http://dx.doi.org/10.1016/j.gyobfe.2015.07.007