Efficacité du mépolizumab chez les patients atteints d’asthme sévère à éosinophiles et une intolérance à l’aspirine : méta-analyse de deux essais de phase III

Efficacité du mépolizumab chez les patients atteints d’asthme sévère à éosinophiles et une intolérance à l’aspirine : méta-analyse de deux essais de phase III

Affiches scientifiques seringue préremplie [205 667 (n = 56, NCT03021304)]. Le mépolizumab (100 mg SC) a été administré par le patient/soignant toutes l...

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Affiches scientifiques seringue préremplie [205 667 (n = 56, NCT03021304)]. Le mépolizumab (100 mg SC) a été administré par le patient/soignant toutes les 4 semaines sur une durée ≤ 12 semaines. La première et la troisième doses (semaine 0 et 8) ont été auto-administrées sous observation clinique, tandis que la deuxième dose (semaine 4) a été auto-administrée à domicile sans observation. Pour comprendre le ressenti du patient, des questionnaires quantitatifs ont été distribués aux participants (stylo prérempli : n = 159, seringue préremplie : n = 56). Dans un sous-groupe, des entrevues de sortie qualitatives supplémentaires semi-structurée ont été réalisées par téléphone (stylo prérempli : n = 25, seringue préremplie : n = 6). Résultats Les résultats quantitatifs et qualitatifs ont démontré que la majorité des patients étaient satisfaits de la formation rec ¸ue, se sentaient en confiance avec l’auto-administration (cette confiance augmentait au cours des études), trouvaient les dispositifs faciles d’utilisation et en étaient « très » ou « extrêmement » satisfaits. Chez les patients ayant déjà rec ¸u du mépolizumab, la majorité préférait l’auto-administration à l’aide d’un stylo prérempli ou d’une seringue préremplie plutôt qu’une administration à l’hôpital par un PDS. La principale raison de cette préférence était la commodité d’utilisation. Les Résultats du questionnaire quantitatif sur le stylo prérempli et la seringue préremplie sont décrits dans le Tableau 1. Conclusion Dans les études sur l’utilisation en vraie vie du mépolizumab avec le stylo prérempli et la seringue préremplie, les patients déclarent que les deux dispositifs constituent une voie d’administration facile et pratique. Dans le sous-groupe de patients ayant déjà rec ¸u du mépolizumab avant l’étude, l’auto-injection était préférée à l’injection à l’hôpital par un PDS. Tableau 1 Ressenti des patients sur le stylo prérempli et la seringue - résultats quantitatifs du questionnaire.

175 1 Assistance publique—Hôpitaux de Paris, hôpital Bichat, Paris, France 2 Hôpital Brigham and Women’s, Boston, États-Unis 3 Laboratoire GSK, Research Triangle Park, États-Unis 4 Laboratoire GSK, Stockley Park, Uxbridge, Royaume-Uni 5 Laboratoire GSK, Triangle Park, États-Unis 6 Université du Michigan, Ann Arbor, États-Unis ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (C. Taillé)

Introduction Les patients asthmatiques peuvent être également atteints de polypose nasale (PN) et/ou d’une intolérance à l’aspirine ou à d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). La présence de ces trois symptômes est connue sous le nom de maladie de Widal (MW). Dans les essais cliniques de phase III, le mépolizumab, autorisé en traitement additionnel pour l’asthme sévère à éosinophiles (ASE), réduisait les exacerbations cliniquement significatives par rapport au placebo. Nous présentons ici les données d’efficacité du mépolizumab chez les patients avec un ASE avec PN et/ou une intolérance à l’aspirine/AINS. Méthodes Cette étude est une analyse post-hoc des essais contrôlés randomisés de phase III, MUSCA et MENSA. Les patients (âge ≥ 12 ans) avec un ASE et ayant eu au moins 2 exacerbations au cours de l’année précédente, malgré l’utilisation de CSI à fortes doses et de ≥ 1 traitement additionnel, ont rec ¸u du mépolizumab 100 mg SC ou un placebo toutes les 4 semaines, pendant 24 (MUSCA) ou 32 semaines (MENSA). Le critère principal était le taux annuel d’exacerbations cliniquement significatives (aggravation de l’asthme nécessitant l’utilisation de corticoïdes oraux/hospitalisation/visite aux urgences). Les sous-analyses ont été effectuées en fonction de la présence ou non de PN, d’intolérance à l’aspirine/AINS ou des deux à l’inclusion. Le taux d’exacerbations a été analysé en sous-groupe par une régression binomiale négative. Résultats Sur 936 patients, 468 ont rec ¸u du mépolizumab et 468 ont rec ¸u un placebo. Parmi les patients, 18 % souffraient de PN (86 mépolizumab, 80 placebo), 9 % avaient déclaré une intolérance à l’aspirine/AINS (42 mépolizumab, 45 placebo) et 4 % avaient une MW (20 mépolizumab, 20 placebo). Le mépolizumab a réduit significativement les exacerbations vs placebo chez les patients avec ou sans PN à l’inclusion (ratio des taux [IC95 %] : 0,20[0,11 ; 0,35] et 0,51[0,41 ; 0,64], respectivement), avec ou non une intolérance à l’aspirine/AINS (ratio des taux [IC95 %] : 0,66[0,37 ; 1,18] et 0,43[0,35 ; 0,55] respectivement) et chez ceux souffrant ou non d’une MW (rapport des taux [IC95 %] : 0,66[0,24 ;1,79] et 0,45[0,36 ; 0,56] respectivement, Tableau 1). Tableau 1 Exacerbations cliniquement significatives avec le mépolizumab versus placebo en fonction de la présence de polypes nasaux, de l’intolérance à l’aspirine/AINS et de MREA à l’inclusion.

Déclaration de liens d’intérêts A. Gruber, L. Evitt, R. Follows, J. Bentley, W. Williams, R. Von Maltzahn : employés GSK à temps plein et détiennent des actions de GSK. H. Shalhoub, M. Celone : consultants scientifiques chargé de mener cette recherche pour GSK (Evidera). https://doi.org/10.1016/j.rmra.2019.11.390 386

Efficacité du mépolizumab chez les patients atteints d’asthme sévère à éosinophiles et une intolérance à l’aspirine : méta-analyse de deux essais de phase III C. Taillé 1,∗ , T. Laidlaw 2 , F. Albers 3 , D. Bratton 4 , E. Bradford 3 , S. Smith 3 , J.P. Llanos 5 , N. Lugogo 6

Conclusion Le mépolizumab a permis une diminution significative des exacerbations sévères d’asthme vs placebo indépendamment de la présence d’une intolérance à l’aspirine/AINS ou d’une MW. La présence d’une polypose nasale était associée à une réduction plus importante des exacerbations d’asthme.

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24e Congrès de pneumologie de langue franc ¸aise — Paris, 24—26 janvier 2020

Déclaration de liens d’intérêts C. Taillé : a été investigateur clinique dans les essais sur le mépolizumab. Elle est consultante ou membre des conseils consultatifs de GSK, AstraZeneca, Novartis et Sanofi. T. Laidlaw : consultante pour Sanofi et Novartis et a siégé aux conseils consultatifs de GlaxoSmithKline (GSK) et de Regeneron. F. Albers, D. Bratton, E. Bradford, S. Smith, J.P. Llanos : employés de GSK et détiennent des actions. N. Lugogo : NLL a consulté pour AstraZeneca, GSK, Teva et Sanofi. Elle a siégé à des conseils consultatifs et a rec ¸u des subventions d’AstraZeneca, de Sanofi et de GSK pour des essais cliniques. https://doi.org/10.1016/j.rmra.2019.11.391 387

Utilisation des nouveaux anticorps monoclonaux dans l’asthme non contrôlé à éosinophiles. De l’autorisation de mise sur le marché à la vraie vie. Expérience préliminaire dans un centre hospitalier général A. Achkar 1,∗ , A. Moussa-Ounteini 2 , M. Mezhoud 1 , N. Gueteau 1 , H. Mahmoud 2 , M. Jaafar 2 , M. Miklin-Manoila 2 , E. Devin 2 , A. Mehdaoui 2 1 Pneumologie, Vernon, France 2 Pneumologie, Évreux, France ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (A. Achkar) Introduction De nouvelles molécules ont été mises sur le marché récemment dans le cadre du traitement de l’asthme non contrôlé à éosinophiles. Il s’agit d’anticorps monoclonaux anti-IL5/IL5R. Nous rapportons notre expérience préliminaire avec ces molécules dans la vie courante. Méthodes Neuf patients, 6 F et 3 H, d’âge moyen 60 ans (40—77) ont été traités, conformément à l’autorisation de mise sur le marché, par des anti-IL5-IL5R entre décembre 2018 et septembre 2019, pour un asthme non contrôlé à éosinophiles présentant de nombreuses exacerbations aiguës et des hospitalisations répétées, nécessitant des cures répétées de corticoïdes systémiques à fortes doses, (aspergillose bronchopulmonaire et granulomateuse éosinophilique avec polyangéite ont été écartées). Trois patients présentent également une polypose nasale avec rhinite traitée par corticostéroïdes inhalés. Le taux d’éosinophiles avant traitement était en moyenne de 1427 éléments par mm3 (400—6700). Parmi les 9 patients, 4 étaient toujours non contrôlés malgré un anti-IGE. Résultats Avec un recul de 10 mois, tous les patients ont rapporté dès la première injection, une nette amélioration de leur état clinique avec disparition de leurs symptômes et une amélioration de leur qualité de vie voire une normalisation. Les 3 patients ayant une polypose nasale ont retrouvé leur olfaction. Des frissons ont été rapportés aux premières injections. Tous ont été sevrés en corticoïdes oraux. Aucune exacerbation ou consultation en urgence n’a été rapportée pendant cette période de traitement. Une amélioration franche de la fonction respiratoire a été constatée chez la majorité des patients traités. Conclusion Notre expérience préliminaire avec les anti-IL5-IL5R, montre une très bonne tolérance et une efficacité importante chez ces patients tant sur les symptômes quotidiens, la qualité de vie et l’épargne cortisonique. Le recours aux soins médicaux est moindre. De plus, les anti-IL5R ont été efficaces sur la polypose nasale. Aucune exacerbation ni intolérance n’a été rapportée dans cette expérience préliminaire avec un recul de plus de six mois. Ces résultats encourageant doivent être confirmés à grande échelle dans la vraie vie. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.rmra.2019.11.392

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Qualité de vie dans l’asthme difficile et sévère de l’enfant I. Khalfallah ∗ , R. Smaoui , A. Slim , B. Hamdi , J. Ammar , A. Hamzaoui Pavillon B, hôpital Abderrahmen-Mami, Ariana, Tunisie ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (I. Khalfallah) Introduction L’asthme difficile et sévère affecte différents aspects de la qualité de vie infantile, tels que les aspects physique, émotionnel, social et éducatif. Méthodes Étude prospective incluant 40 patients suivis dans le service de pneumologie pédiatrique entre 2017 et 2019 pour asthme difficile et sévère. La qualité de vie a été évaluée à l’aide du questionnaire Copraped sur la qualité de vie des enfants asthmatiques. Résultats L’âge moyen était de 9,1 ans avec une prédominance masculine (52,5 %). Pour les activités quotidiennes et notamment jouer, 25 % des patients étaient moyennement gênés, 12,5 % étaient plutôt gênés, 20 % étaient très gênés et 22 % étaient tout le temps fatigué selon QV6. Sur le plan psychologique, 27,5 % étaient assez souvent de mauvaise humeur, 15 % étaient parfois inquiets et 25 % étaient rarement en colère à cause de leur asthme. Sur le plan intégration sociale, 20 % se sentaient parfois différents des autres enfants à cause de leur asthme et 5 % étaient fâchés parce qu’ils ne faisaient pas comme les autres. Les symptômes nocturnes faisaient que 20 % de nos malades se réveillaient la nuit selon QV16 et que 27,5 % avaient du mal à dormir. Concernant l’influence de l’asthme sur la qualité de vie générale, 10 % étaient énormément gênés et 15 % très gênés. Tous les enfants ayant des problèmes psychologiques ont bénéficié d’une aide spécialisée avec une bonne évolution. Conclusion L’asthme difficile et sévère retentit négativement sur la qualité de vie des enfants. Il est fondamental d’intégrer la prise en charge psychologique dans la gestion du traitement afin d’améliorer leur qualité de vie. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.rmra.2019.11.393 389

Anti-interleukines 5 et immunoglobulines sériques dans l’asthme sévère : les IgG4 sont-ils un marqueur de réponse ? L. Guilleminault ∗ , A. Didier , G. Prevot , E. Noel-Savina , D. Brouquieres Pneumologie, Toulouse, France ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (L. Guilleminault) Introduction La mise sur le marché des biothérapies a constitué une révolution dans la prise en charge de l’asthme sévère. Cependant la recherche de marqueurs de réponse est nécessaire pour améliorer leur prise en charge. Dans ce contexte, aucune donnée n’est disponible sur le lien existant entre les immunoglobulines (Ig) sériques et les anticorps anti-interleukine 5 (IL5). Méthodes Dans une étude rétrospective, réalisée au CHU de Toulouse, les données de patients asthmatiques sévères ont été colligées. Les critères d’inclusion étaient : — traitement par mépolizumab ou benralizumab pour l’asthme sévère ; — dosage pondéral des Ig sériques avant traitement et à 6 mois de traitement. La réponse au traitement a été évaluée par le score Global Evaluation of Treatment Effectiveness (GETE) à 6 mois. Les patients sous corticoïdes oraux depuis plus de 6 mois et les patients pré-