L’Athyréose : à propos de deux cas

L’Athyréose : à propos de deux cas

SFE Lyon 2014 / Annales d’Endocrinologie 75 (2014) 486–516 P615 P617 Cardiothyréose à propos de 12 cas Hypothyroïdie induite par un inhibiteur de r...

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SFE Lyon 2014 / Annales d’Endocrinologie 75 (2014) 486–516 P615

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Cardiothyréose à propos de 12 cas

Hypothyroïdie induite par un inhibiteur de récepteur à activité tyrosine kinase (sunitinib) à propos d’un cas

H. Aynaou (Dr) a,∗ , A. Ghanem (Dr) b , N. El Wafi (Pr) b , H. Latrech (Pr) a a Service d’endocrinologie Diabétologie, CHU Med VI, Faculté de Médecine et de pharmacie, Université Med Premier, Oujda, Maroc b Service de cardiologie, CHU Med VI, faculté de médecine, université Med premier, Oujda, Maroc ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (H. Aynaou) Introduction La cardiothyréose est une complication fréquente et grave de l’hyperthyroïdie pouvant la révéler ou survenir après le diagnostic de cette hyperthyroïdie. Le but de ce travail est d’analyser le profil des patients présentant cette complication. Résultats C’est une étude prospective concernant 12 patients hospitalisés pour une atteinte cardiovasculaire d’origine thyroïdienne. L’âge moyen de nos patients était de 58 ans avec une prédominance féminine (75 %). L’hyperthyroïdie était sévère dans 58 % des cas, et fruste dans 17 %. Le taux moyen de T4 libre est de 42,17 pmol/L. L’hyperthyroïdie périphérique était présente chez 11 patients et correspondait à un goitre nodulaire toxique, une maladie de Basedow, ou une surcharge iodée dans respectivement 72 %, 18 % et 10 %. L’hyperthyroïdie centrale était présente dans un cas. Une cardiopathie sousjacente était retrouvée dans 17 %. La cardiothyréose était révélatrice de cette hyperthyroïdie dans 33 %. La cardiothyréose était à type d’insuffisance cardiaque (IC) dans 41 %, d’arythmie complète par fibrillation auriculaire (ACFA) dans 41 %, et de l’association d’ACFA et d’IC dans 18 %. La dysfonction ventriculaire gauche était sévère dans 50 %. Tous les patients sont mis sous traitement médical dans l’attente du traitement radical. Conclusion Si les signes cardiovasculaires restent un mode de révélation fréquent de l’hyperthyroïdie. Les formes graves doivent être réduites par le diagnostic et la prise en charge précoce des dysthyroïdies même au stade infraclinique. Déclaration d’intérêts conflits d’intérêts.

Les auteurs n’ont pas transmis de déclaration de

http://dx.doi.org/10.1016/j.ando.2014.07.749

R. Moussaid (Dr) ∗ , M. El Mokhtari (Dr) , A. Meftah (Dr) , G. Belmejdoub (Pr) Hôpital militaire d’instruction Mohammed V, Rabat ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (R. Moussaid) Introduction Le sunitinib (Sutent® ) est un médicament anticancéreux, inhibiteur de certains récepteurs à activité tyrosine kinase. Il est utilisé dans le traitement des cancers rénaux métastatiques et des tumeurs stromales gastrointestinales. Plusieurs études ont mis en évidence la survenue de dysthyroïdïes chez des patients sous sunitinib. Observation Un patient de 76 ans traité depuis 1 an et 5 mois par Sunitinib (Sutent® 50 mg/j) pour un adénocarcinome rénal métastatique. Le bilan biologique de contrôle objective une hypothyroïdie sans traduction clinique, la TSH est élevée à 35 mUI/L avec la FT4 à 2,4 pmol/L, les anticorps anti-thyroglobuline native et anti-thyroperoxydase étaient négatifs. L’échographie en faveur d’un aspect de thyroïdite. Une hormonothérapie substitutive à posologie progressive a entraîné une normalisation rapide de la TSH et de la T4L. Discussion L’hypothyroïdie est un effet secondaire retrouvé dans les études cliniques utilisant le sunitinib, avec une fréquence comprise entre 2,4 % et 70 %. Elle survient le plus souvent en cas de prise prolongée du médicament, même si des cas précoces (survenue après 3 mois de traitement) ont été rapportés. Le mécanisme de cette atteinte thyroïdienne est encore inconnu. Il pourrait s’agir d’une thyroïdite destructrice, mais aucune preuve d’auto-immunité favorisant cet événement n’a été rapportée. D’autres explications possibles seraient l’action anti-angiogénique du sunitinib ou son activité antithyroperoxydase. Le sunitinib étant destiné à traiter des maladies mettant en jeu le pronostic vital, l’apparition d’une hypothyroïdie ne doit pas faire interrompre le traitement. Déclaration d’intérêts conflits d’intérêts.

Les auteurs n’ont pas transmis de déclaration de

http://dx.doi.org/10.1016/j.ando.2014.07.751 P618

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L’Athyréose : à propos de deux cas

N. Karich (Dr) ∗ , H. Latrech (Pr) Service d’endocrinologie Diabétologie, CHU Med VI, Faculté de Médecine et de pharmacie, Université Med Premier, Oujda, Maroc ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (N. Karich) Introduction L’athyréose est une affection rare définie par l’absence congénitale de la glande thyroïde entraînant une hypothyroïdie précoce. Observation no 1 Nourrisson de 4 mois, ayant présenté dès la naissance des signes d’hypothyroïdie faits de macroglossie, teint grossier, refus de la tétée, cyanose au moment de la tétée et une cassure staturo-pondérale. L’exploration biologique a confirmé le diagnostic d’une hypothyroïdie périphérique. L’échographie et la scintigraphie thyroïdienne n’ont mis en évidence de tissu thyroïdien. Un traitement substitutif par lévothyroxine a été instauré avec une bonne évolution. Observation no 2 Nourrisson de 1 an, ayant présenté un retard staturopondéral sévère, une hypotonie, un retard des acquisitions psychomotrices et une constipation dans un contexte d’anémie normochrome normocytaire. Le diagnostic d’une hypothyroïdie périphérique a été confirmé avec une absence de visualisation du parenchyme thyroïdien à l’exploration morphologique. Un traitement substitutif par lévothyroxine a été instauré avec une évolution clinicobilogique favorable. Conclusion L’athyréose est une affection extrêmement rare mais grave par son retentissement nécessitant un diagnostic et une prise en charge précoces. Le dépistage néonatal systématique de l’hypothyroïdie est donc indispensable. Déclaration d’intérêts conflits d’intérêts.

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Les auteurs n’ont pas transmis de déclaration de

http://dx.doi.org/10.1016/j.ando.2014.07.750

L’agressivité du cancer oncocytaire thyroïdien : à propos d’un cas M. El Mokhtari (Dr) a,∗ , M. Amjad (Dr) b , R. Moussaid (Dr) b , G. Belmejdoub (Pr) b a Service d’endocrinologie et maladies métaboliques, Hôpital militaire d’instruction Mohammed V, Rabat b Service d’endocrinologie et maladies métaboliques, Hôpital militaire d’instruction Mohammed V de Rabat, Rabat ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (M. El Mokhtari) Introduction Les tumeurs vésiculaires oncocytaires de la thyroïde sont reconnues actuellement comme une entité anatomoclinique particulière, se différenciant des tumeurs vésiculaires par une évolution plus péjorative et par une insensibilité à l’iode radioactif avec métastases plus accrue pour les carcinomes. Nous exposons, à travers un cas clinique et une revue de littérature, les particularités des tumeurs oncocytaires de la thyroïde marquées essentiellement par leur évolution péjorative. Observation Nous rapportons le cas d’un patient agé de 70 ans suivi pour un goitre en euthyroïdie clinique et biologique. L’échographie objective un goitre multihétéronodulaire. L’étude anatomopathologique de thyroïdectomie totale retrouve un carcinome vésiculaire oncocytaire infiltrant massivement les deux lobes avec présence d’emboles lymphatiques et multiples ADP cervicales. L’évolution à moyen terme est caractérisée par une augmentation excessive du taux de thyroglobuline passant de 69 à 27 000 ng/mL, le bilan d’extension est en faveur de métastase pulmonaire avec localisation secondaire parapharyngé et métastase GG inaccessible chirurgicalement. L’irrathérapie dont l’intérêt reste très discutée a du être effectuée. Discussion Le cancer vésiculaire survient plus tard, vers l’âge de 50 ans en moyenne. Sa diffusion se fait par voie hématogène. On distingue le carcinome