Maladie de Parkinson et dysphagie

Maladie de Parkinson et dysphagie

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La revue de médecine interne 24 (2003) 474–475 www.elsevier.com/locate/revmed

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Maladie de Parkinson et dysphagie Parkinson’s disease and dysphagia T. Thevenot a,*, S. Cattan b, E. Nguyen-Khac a, E. Ucla a, S. Welty a, O. Bailleul a a

Fédération de médecine, hôpital de Cambrai, 516, avenue de Paris, BP 389, 59407 Cambrai cedex, France b Service d’hépatogastro-entérologie, CHRU Claude-Huriez, 59037 Lille cedex, France Reçu le 29 janvier 2003 ; accepté le 11 février 2003

Mots clés : Maladie de Parkinson ; Achalasie Keywords: Parkinson’s disease; Achalasia

1. L’histoire Une femme âgée de 71 ans était hospitalisée pour dysphagie et régurgitations fréquentes compliquées d’une pneumopathie. Ses antécédents étaient marqués par une maladie de Parkinson dépistée 1 an plus tôt et traitée par L-dopa. On notait un amaigrissement de 15 kg en 1 an, une aphagie totale pour les solides et des signes akinéto-hypertoniques. La biologie retrouvait un syndrome inflammatoire en rapport avec la pneumopathie. Le transit aux hydrosolubles (Fig. 1) et le scanner thoracique (Fig. 2) montraient une importante dilatation œsophagienne. La gastroscopie notait un aspect en « cul de poule » du bas œsophage et l’échoendoscopie œsophagienne montrait un épaississement de la couche circulaire de la musculeuse sans aucune infiltration ou lésion suspecte régionale. La réalisation de 2 injections de toxine botulique perendoscopique au niveau du sphincter inférieur de l’œsophage (Sio) permettait une nette amélioration des symptômes.

* Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (T. Thevenot). © 2003 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés. DOI: 10.1016/S0248-8663(03)00113-9

Fig. 1. Transit aux hydrosolubles : cardia-effilé en « queue de radis » avec une importante dilatation sus-jacente.

T. Thevenot et al. / La revue de médecine interne 24 (2003) 474–475

Fig. 2. Scanner thoracique : importante dilatation œsophagienne.

2. Le diagnostic Une achalasie associée à une maladie de Parkinson.

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complications pulmonaires. La gastroscopie et l’échoendoscopie haute permettent d’éliminer des lésions organiques responsables de pseudoachalasie. La manométrie œsophagienne est le plus souvent indispensable au diagnostic et montre typiquement une élévation de la pression du Sio, une relaxation incomplète et surtout une absence de péristaltisme. Cependant, cet examen n’est pas toujours réalisable, comme dans notre observation, en raison de l’importante distension œsophagienne. Il existe un lien épidémiologique [1] et anatomopathologique [2] entre l’achalasie et la maladie de Parkinson, rendant cette association non fortuite. Ces 2 maladies ont en effet des corps de Lewy dans les plexus myentériques de l’œsophage et dans la substance nigrée. Le patient atteint d’achalasie et le parkinsonien dysphagique ont des mécanismes de dégénérescence neuronale identique responsable de la dysfonction œsophagienne. L’altération de l’état général chez un parkinsonien ayant une dysphagie peut être en rapport avec une achalasie. Cette dernière ne serait qu’un continuum au niveau œsophagien de la dégénérescence neuronale centrale. La connaissance de cette association peut permettre un traitement efficace de la dysphagie (injection de toxine botulique dans le Sio, dilatation pneumatique ou chirurgie).

3. Les commentaires

Références

L’achalasie est une maladie rare (incidence de 1 cas/100 000 habitants), de cause inconnue et caractérisée par une raréfaction des plexus nerveux du Sio. Ce trouble moteur de l’œsophage se révèle souvent vers l’âge de 50 ans par une dysphagie basse et des régurgitations responsables de

[1]

[2]

Sonnenberg A, Massey BT, McCarty DJ, Jacobsen SJ. Epidemiology of hospitalization for achalasia in the United States. Dig Dis Sci 1993;2:233–44. Qualman SJ, Haupt HM, Yang P, Hamilton SR. Esophageal Lewy bodies associated with ganglion cell loss in achalasia. Similarity to Parkinson’s disease. Gastro-enterology 1984;4:848–56.