Relation entre le virus de l’immunodéficience acquis (VIH-sida) et Carcinome épidermoïde conjonctival (CEC) : étude épidémioclinique de 26 dossiers au service d’ophtalmologie du CHU de Treichville (Abidjan-Cote d’Ivoire)

Relation entre le virus de l’immunodéficience acquis (VIH-sida) et Carcinome épidermoïde conjonctival (CEC) : étude épidémioclinique de 26 dossiers au service d’ophtalmologie du CHU de Treichville (Abidjan-Cote d’Ivoire)

Journal français d’ophtalmologie (2016) 39, 467—473 Disponible en ligne sur ScienceDirect www.sciencedirect.com COMMUNICATION DE LA SFO Relation e...

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Journal français d’ophtalmologie (2016) 39, 467—473

Disponible en ligne sur

ScienceDirect www.sciencedirect.com

COMMUNICATION DE LA SFO

Relation entre le virus de l’immunodéficience acquis (VIH-sida) et Carcinome épidermoïde conjonctival (CEC) : étude épidémioclinique de 26 dossiers au service d’ophtalmologie du CHU de Treichville (Abidjan-Cote d’Ivoire)夽 Relationship between human immunodeficiency virus (HIV-AIDS) and conjunctival squamous cell carcinoma: A clinical epidemiological study of 26 cases in the ophthalmology department of the university hospital of Treichville-Abidjan (Abidjan-Côte d’Ivoire) C.R. Berete a,∗, L. Desjardins b, L.J. Kouassi a, F. Coulibaly a, K.S. Kouakou a, K. Gbe a, A. Fanny a a b

Service d’ophtalmologie, CHU de Treichville, BP V3, Abidjan, Cote d’Ivoire Service d’ophtalmologie, institut curie, rue d’Ulm, 75005 Paris, France

evrier 2014 ; accepté le 21 septembre 2015 Rec ¸u le 11 f´ Disponible sur Internet le 4 mai 2016

MOTS CLÉS Conjonctive ; Carcinome épidermoïde ; Virus de l’immunodéficience acquise ; Les rayons ultraviolets 夽 ∗

Résumé But. — Décrire les paramètres épidémiologiques, cliniques et l’association au virus du VIH-sida des carcinomes épidermoïdes conjonctivaux au service d’ophtalmologie du CHU de Treichville. Patients et méthode. — Il s’agit d’une étude transversale prospective et descriptive réalisée au service d’ophtalmologie du CHU de Treichville de juillet 2007 à juin 2011. Vingt-six (26) patients inclus présentaient une tumeur du globe oculaire et ou des annexes. Une imagerie (scanner) a été pratiquée dans les formes évoluées. L’examen histopathologique de la pièce opératoire ou biopsique dans tous les cas a été réalisé. La sérologie VIH a été pratiquée après un consentement éclairé. Tous les patients ont été adressés au service d’oncologie du CHU de Treichville où existe

Communication orale présentée lors du 119e congrès de la Société franc ¸aise d’ophtalmologie en mai 2013. Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (C.R. Berete).

http://dx.doi.org/10.1016/j.jfo.2015.09.016 0181-5512/© 2016 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

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C.R. Berete et al. une unité de prise en charge des sujets séropositifs atteints d’affections tumorales malignes. L’analyse statistique a été réalisée à l’aide du logiciel EPI info version 6.0. Résultat. — On note une légère prédominance du sexe féminin, 15 (57,69 %) contre 11 de sexe masculin (42,3 %). L’âge moyen était de 42,32 ans et 13 patients (50 %) avaient un âge compris entre 25 et 45 ans. Les tumeurs intraorbitaires étaient le motif de consultation le plus fréquent, soit 38,46 %. Dix-sept patients (65,38 %) n’avaient aucun antécédent particulier. Neuf patients (34,61 %) étaient déjà sous traitement antirétroviral à leurs admissions. Trois patients, soit 11,54 %, avaient déjà bénéficié de biopsie tumorale et ou d’une éviscération. La durée moyenne d’évolution avant consultation en ophtalmologie était de 14,28 mois. Les tumeurs conjonctivolimbiques localisées ont été retrouvées dans 11 cas (42,38 %.) Les tumeurs évoluées avec extension régionale et ou cérébrale représentaient 34,61 % des cas. Six patients (23,078 %) avaient un statut sérologique (VIH-sida) négatif contre 20 (76,92 %) patients séropositifs. Le typage de lymphocyte CD4 a été réalisé chez 17 patients, soit 85 % et 45 % avaient un taux de CD4 inférieur à 200. Cinq patients seulement ont pu bénéficier d’une chimiothérapie néo-adjuvante dont 3 décès. Le délai moyen de suivi était de 29 mois. Discussion. — Cette étude a permis d’établir un lien statistiquement significatif entre la séropositivité au virus VIH-sida des patients et la survenue de carcinome épidermoïde, d’une part (p = 10−4 ), l’effondrement du taux de CD4 et la progression de la maladie (p = 10−3 ), d’autre part. Conclusion. — Le mauvais pronostic du carcinome conjonctival témoigne du faible niveau socioéconomique des patients, la sous-médicalisation de nos structures sanitaires, le coût prohibitif du produit anticancéreux ainsi que le lien entre cette affection et VIH-sida. © 2016 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

KEYWORDS Conjunctiva; Squamous cell carcinoma; Human immunodeficiency virus; Ultraviolet rays

Summary Purpose. — To describe the epidemiological and clinical parameters of conjunctival squamous cell carcinomas and their association with HIV-AIDS in the ophthalmology department of the university hospital of Treichville. Patients et methods. — This is a prospective and descriptive cross sectional study carried out in the ophthalmology department of the university hospital of Treichville from July 2007 to June 2011. Twenty-six (26) patients who were selected presented with a tumor of the globe and/or adnexa. A CT scan was performed in advanced cases. Histopathological examination of the surgical specimen was performed in all cases. HIV serology was performed after informed consent. All patients were referred to the oncology department of the university hospital of Treichville where a unit of care for HIV-positive patients with malignant tumors is available. Statistical analysis was performed using the software program EPI info version 6.0. Results. — We note a slight predominance of female patients 15 (57.69%) vs. 11 (42.3%) male patients. The mean age was 42.32 years, and 13 patients (50%) were between 25 and 45 years of age. Intraorbital tumors were the most common reason for consultation, i.e. 38.46%. Seventeen patients (65.38%) had no particular history. Nine patients (34.61%) were already on antiretroviral treatment on admission. Three patients, i.e. 11.54%, had already had tumor biopsy and/or evisceration. The mean duration of the disease before consultation in ophthalmology was 14.28 months. Localized limbal conjunctival tumors were found in 11 cases (42.38%). Advanced tumors with regional or cerebral extension accounted for 34.61% of cases. Six patients (23.078%) were HIV negative vs. 20 (76.92%) HIV positive patients. CD4 lymphocyte typing was performed in 17 patients (85%), and 45% had a CD4 count below 200. Only five patients were able to receive neoadjuvant chemotherapy, but three of them died. The average length of follow-up was 29 months. Comment. — This study allowed us to establish a statistically significant link between HIV positive status of patients and the occurrence of squamous cell carcinoma, (P = 10−4 ), as well as the decline in CD4 count and disease progression (p = 10−3 ). Conclusion. — The poor prognosis of conjunctival carcinoma reflects the low socioeconomic status of patients, physician under-staffing in our health care facilities, the prohibitive cost of anticancer drugs and the link between this disease and HIV-AIDS. © 2016 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.

Relation entre le VIH-sida et Carcinome épidermoïde conjonctival (CEC)

Introduction Les carcinomes épidermoïdes conjonctivaux (CEC) sont des tumeurs malpighiennes différenciées [1]. Ce sont des tumeurs malignes rares à distribution mondiale. Leur incidence est en hausse en Afrique tropicale du fait de la nocivité des rayons ultraviolets. En Afrique subsaharienne, on note l’apparition de formes évoluées et graves avec la recrudescence de l’infection au virus de l’immunodéficience acquis VIH-sida [2,3]. Le but de cette étude est décrire les paramètres épidémiocliniques des carcinomes conjonctivaux et d’évaluer l’impact du VIH-sida dans la survenue du carcinome épidermoïde conjonctival.

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et ou de l’énucléation, voire l’exentération. Tous les gestes chirurgicaux sont pratiqués sous anesthésie générale. Les prélèvements ont été fixés au formol avant leur acheminement au service d’anatomopathologique. La sérologie VIH-sida a été pratiquée après un consentement éclairé des patients avec dans certains cas le typage des lymphocytes CD4. La chimiothérapie topique ou générale néoadjuvante ou adjudante a parfois été utilisée. L’analyse statistique a été réalisée par le logiciel épi-info version

Matériels et méthodes Nous avons réalisé une étude épidémioclinique transversale prospective et descriptive sur 4 ans de juillet 2007 à juin 2011. Cette étude inclut tous les patients ayant consulté pendant la période et présentant une tumeur conjonctivale avec ou sans envahissement locorégionale et cérébrale avec un diagnostic histologique de carcinome épidermoïde. Le recueil des données comportait les éléments de l’anamnèse (âge, sexe, début de la symptomatologie, les antécédents personnels et familiaux), les signes cliniques et de l’évolution, les éléments de l’examen ophtalmologique et radiographiques (scanner). Le diagnostic anatomopathologique est obtenu après analyse de fragment de biopsie incisionnelle, de la pièce d’exérèse chirurgicale

Figure 1. Formes localisées. A. Forme bourgeonnante avec vaisseaux nourriciers. B. Forme gélatineuse translucide conjonctivocornéenne. C. Forme gélatineuse translucide, résultat 1 mois postopératoire. D. Forme leucoplasique recouverte d’une plaque de kératine conjonctivopalpébrale (à rajouter si possible).

Figure 2. Formes orbitaires avec exophtalmie. A. Pseudokystique. B. Aspect de cellulite orbitaire. C. Remaniement du bulbe avec plaque de kératine.

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C.R. Berete et al.

Figure 3. Formes évoluées avec métastases. A. Ulcérée avec atteinte des 2 paupières. B. Ulceronécrotique hémifaciale. C. Ulcérée avec extension frontale. D. Extension tumorale orbitocérébrale au scanner (coupe sagittale).

6.0 et comparaison statistique utilisant le test de Chi2 avec un seuil de significativité fixé à 5 %.

Résultats Épidémiologiques On note 15 patients de sexe féminin (57,69 %) contre 11 de sexe masculin (42,3 %) avec un sex-ratio de 1,4 F/1 H. L’âge moyen des patients était de 42 ans, minimum 25 ans, maximum 75 ans. Tous les patients étaient de race noire et résidaient à Abidjan (Afrique subsaharienne).

Cliniques On note 26 tumeurs unilatérales (15 droits et 11 gauches), 11 patients n’avaient aucune perception lumineuse à l’œil atteint à l’admission, soit 42,30 %. Les formes épibulbaires conjonctivolimbiques localisées ont été retrouvées dans 11 cas, soit 42,31 % (Fig. 1). Les formes évoluées orbitaires avec exophtalmies dans 4 cas, soit 15,38 % (Fig. 2). Les tumeurs évoluées avec métastase multiples (bulbe, paupière, sinus, cerveau, ganglion) dans 11 cas, soit 42,31 % (Fig. 3). Le délai moyen d’évolution avant la consultation était de 14,28 mois.

groupe de patients ayant une sérologie VIH positive ainsi qu’un taux de lymphocyte CD4 intérêt à 500.

Prise en charge Les 11 tumeurs localisées épibulbaires ont bénéficié d’une exérèse tumorale (42,31 %) associée à une chimiothérapie topique adjuvante postopératoire dans 6 cas (mitomycine C, cyclophosphamide). Parmi les 15 cas de tumeurs évoluées orbitaires et ou cérébrale, une exentération a été pratiquée dans 2 cas de localisation orbitaire sans atteinte cérébrale suivis de chimiothérapie adjudante, soit 7,7 %. Cinq tumeurs avec extension cérébrale ont bénéficié d’une chimiothérapie néoadjuvante, soit 19 % (2 patients 50 mg de cyclophosphamide comprimé, 3 patients l’association irinotecan, cisplatine, doxorubicine). Après 2 ans de suivi, 3 patients des 5 ayant bénéficié de chimiothérapie adjuvante sont décédés, soit 60 %. Dix patients sont perdus de vue. La durée moyenne de suivi de nos patients était de 29 mois.

Résultats anatomopathologiques On note 18 cas de carcinome épidermoïde différencié invasif, soit 69,23 % contre 8 cas de carcinome épidermoïde in situ, soit 30,76 % (Fig. 4).

Statut sérologique au VIH-sida

Discussion

La sérologie VIH était positive chez 20 patients, soit 76,92 % (VIH 1 = 13 patients, VIH 2 = 6 patients, VIH 1 et 2 = 1 patient). Le typage des lymphocytes CD4 a été réalisé chez 17 patients, soit 85 % (CD4 < 200 dans 45 % des cas, compris entre 200 et 500 dans 15 % des cas, > 500 dans 20 % des cas). Les formes évoluées ont été retrouvées dans le

La nocivité des rayons ultraviolets et l’infection à l’HPV Le CEC est une tumeur maligne fréquente en milieu tropical, représente 33,5 % de toutes les tumeurs malignes de l’œil et annexes [2—4]. Nous avons répertorié 26 cas en 4 ans. En

Relation entre le VIH-sida et Carcinome épidermoïde conjonctival (CEC)

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Figure 4. A. Carcinome épidermoïde immature coloration à l’hématéine éosine (HEX100) : prolifération tumorale faite de lobule épidermoïdes non centrés par des globes cornés. B. Carcinome épidermoïde mature coloration à l’hématéine éosine (HEX100) : prolifération tumorale faite de lobules épidermoïdes centrés par des globes cornés.

Martinique, 5 cas ont été décrit en 5 ans dans une population métissée (3 mélanodermes et 1 caucasien). Le rôle des rayons ultraviolets a été évoqué dans la survenue de CEC. L’exposition solaire est unanimement admise comme prédisposant aux lésions dysplasiques cornéoconjonctivales, précancéreuses et, par extension aux CEC. Les rayons ultraviolets sont nocifs sur la conjonctive épibulbaire en regard de la fente de fermeture palpébrale à cheval sur le limbe [1]. Aussi, une association des CEC et le virus HPV surtout les sous-types cutanés ont été impliqués dans plusieurs études [5]. Le sérotype 16 (HPV) selon Chauhan serait retrouvé dans des tumeurs de meilleur pronostic [6].

Influence de l’âge, le sexe, la séroprévalence Il s’agit d’une pathologie des personnes âgées, survenant chez des patients de plus de 50 ans et l’apparition serait plus

précoce chez les patients infectés par VIH-sida. Le sex-ratio est de 1 dans la littérature [1]. Dans notre série, l’âge moyen des patients est de 42,32 ans et 50 % de patients ont un âge inférieur à 50 ans avec un sex-ratio de 1,4 F/1 H. D’autres études africaines notent une proportion plus élevée des sujets jeunes [7,8] faisant du CEC une pathologie du sujet jeune immunodéprimé au VIH. La prédominance du sexe féminin dans notre série serait liée à polygamie qui expose davantage les femmes au VIH-sida. Ce constat de la prédominance féminine dans la survenue du CEC chez les sujets séropositif au VIH a été fait par Kaimbo Wa Kaimbo et al. [8] au Congo et par Makupa et al. [7] en Tanzanie qui ont trouvé respectivement 70 % et 62,2 %. Le VIH induit une suppression chronique du système immunitaire, par conséquent l’immunité anticancéreuse, ce qui accroît le potentiel oncogène en cas de dysplasie [9,10]. Nous notons 76,92 % de patients

472 séropositifs avec un lien statistiquement significatif : carcinome épidermoïde conjonctival et VIH-sida (p = 10−4 ), le taux de lymphocyte CD4 et la forme clinique (p = 10−3 ). Wadell et al. et Newton et al. associent les carcinomes épidermoïdes au VIH-sida [3,11]. Le virus de l’immunodéficience acquis VIH-sida serait considéré comme un facteur de risque de survenue des carcinomes épidermoïdes conjonctivaux [2,12]. Dans notre série, 45 % des patients infectés par le VIH-sida avaient un taux de lymphocyte T CD4 très bas et les formes très évoluées étaient retrouvées chez ce groupe de patient de fac ¸on statistiquement significative (p = 10−3 ). Ce lien a été également établi par Makupa et al. et Shields et al. [7,13]. La dépression immunitaire semble jouer un rôle dans l’évolution de la pathologie. La transformation maligne des lésions dysplasiques conjonctivales entraînées par les rayonnements ultraviolets est plus fréquente chez les patients infectés par le VIH-sida (1,4,5). De plus, la polygamie entraîne une vulnérabilité plus accrue au VIH-sida.

Formes cliniques évoluées avec métastase Elles représentent 57,69 % dans notre série avec une perte anatomique et fonctionnelle du globe oculaire. Des taux importants de formes évoluées ont été décrits dans d’autres séries [2,9]. Le retard diagnostique relevé dans des séries africaines pourrait expliquer la fréquence des formes évoluées [2,3,7,10,13]. Le délai entre l’apparition des signes et la première consultation est variable dans la littérature allant de 1 mois à 4 ans [10]. Le délai moyen dans notre série est de 14,28 mois. Plusieurs faits pourraient expliquer ce retard diagnostique, notamment la précarité des conditions sociales de nos patients, les consultations chez les guérisseurs traditionnels, l’ignorance, absence ou l’éloignement des centres adéquats de prise en charge, le dénie de la maladie.

Formes anatomopathologiques Dans notre série, le carcinome in situ retrouvé chez 8 patients, soit 30,76 % et le carcinome différencié invasif dans 69,23 % des cas. Wadell et al. ont trouvé respectivement 71,05 % et 62,5 % de formes invasive en Ouganda et au Malawi [3]. Penelope et al. trouvent 34,61 % de carcinome invasif dans une population de 26 patients en Australie [14]. Les formes invasives associées aux métastases seraient l’apanage du sujet africain [2,4].

Prise en charge et suivi La chimiothérapie anticancéreuse a été pratiquée chez 5 patients. C’est l’unique ressource thérapeutique dans les formes évoluées dans nos régions. La prise en charge est incomplète du fait de l’insuffisance de plateau technique, de l’absence de cryode, du fait que la radiothérapie n’est pas accessible et du coût prohibitif de la chimiothérapie. Poso et al. font le même constat en république démocratique du Congo [2]. Un taux important de patients perdus de vue (38,46 %) a permis un suivi moyen à long terme de 29 mois. Ceci traduit la difficulté de la prise en charge des affections chroniques et surtout si le coût est onéreux pour des populations très souvent aux conditions sociales

C.R. Berete et al. défavorisées. Les patients n’honorent plus les rendez-vous de contrôle du fait de l’éloignement des centres de références. L’amélioration de la prise en charge nécessite un diagnostic précoce de formes localisées accessibles à une exérèse chirurgicale associée souvent à une instillation de locale de préparation d’antimitotique. Ces formes localisées de meilleur pronostic par leur accessibilité à une prise en charge non invasive peu prohibitive permet de rallonger le suivi des patients.

Conclusion Notre étude confirme le lien entre carcinome épidermoïde conjonctival et VIH-sida. Les carcinomes épidermoïdes conjonctivaux sont de mauvais pronostic et posent un problème de santé publique du fait de leur prise en charge tardive, du faible niveau socioéconomique des patients, de l’insuffisance, voire l’inexistence de structures adéquates de prise en charge. Nous ne disposons pas de la cryothérapie. Les produits anticancéreux ont un coût prohibitif qui en limite l’utilisation.

Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

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