Thrombose portale au cours de la cirrhose : profil évolutif et facteurs prédictifs de morbi-mortalité

Thrombose portale au cours de la cirrhose : profil évolutif et facteurs prédictifs de morbi-mortalité

A156 74e Congrès franc¸ais de médecine interne – Deauville, 8 au 10 décembre 2016 / La Revue de médecine interne 37 (2016) A141–A267 CA033 Anémie a...

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74e Congrès franc¸ais de médecine interne – Deauville, 8 au 10 décembre 2016 / La Revue de médecine interne 37 (2016) A141–A267

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Anémie au cours des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

S. Mrabet ∗ , N. Elleuch , M. Ksiaa , H. Jaziri , M.I. Ben , A. Braham , S. Ajmi , A. Benslama , A. Jmaa Gastro-entérologie Sahloul, Khzema, Sousse, Tunisie ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (S. Mrabet) Introduction L’anémie est le signe extradigestif le plus fréquent au cours de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) ayant un impact important sur la qualité de vie des patients. La carence martiale et l’inflammation sont les deux mécanismes les plus fréquents. Le but de cette étude était de déterminer la prévalence de l’anémie chez les patients suivis pour MICI, d’étudier le mécanisme et les facteurs associés à cette complication. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective incluant tous les cas de MICI suivis dans notre service entre janvier 2014 et juin 2016. Cette étude s’étalait sur une période de 14 ans. D’après l’OMS, l’anémie était définie comme suit : l’hémoglobine < 13 g/dL chez l’homme, l’hémoglobine < 12 g/dL chez la femme. L’anémie est considérée sévère si l’hémoglobine < 8 g/dL. Résultats Notre étude avait inclus 101 patients atteints de MICI, dont 54 patients atteints de la maladie de Crohn (MC) et 47 patients atteint de recto-colite hémorragique (RCH). Les patients étaient répartis en 64 femmes (63,4) et 37 hommes (36,6 %) avec un âge moyen de 37,7 ans (18–81 ans). La localisation de la maladie de Crohn était iléale dans 21 cas (39 %), colique chez 26 %, et iléocolique chez 35 % des patients. La localisation de la RCH était basse dans 21,3 % des cas, gauche dans 44,7 % des cas et pancolite dans 34 % des cas. Vingt patients étaient en rémission. La poussée étaient légère dans 5 cas, modérée dans 27 cas et sévère dans 6 cas. Une colite aiguë grave était notée chez 19,8 % des patients. Vingt-trois pour cent des patients avaient une maladie compliquée de sténose iléale dans 14 cas, de collection profonde dans 5 cas, de sténose colique dans 3 cas et de perforation iléale dans 1 cas. L’anémie était notée chez 35 patients (34,7 %) dont 25 avaient une maladie de Crohn et 15 avaient une RCH. Le taux moyen d’hémoglobine était 8,7 g/dL avec des extrêmes entre 6 et 10,8. L’anémie était sévère dans 8 cas (23 %) nécessitant le recours aux transfusions sanguines. Le mécanisme de l’anémie chez ces malades était une carence martiale dans 18 cas, inflammatoire dans 14 cas, et par carence en vitamine B 12 dans 2 cas. Un patient a présenté une aplasie médullaire sous sulfasalazine nécessitant l’arrêt du traitement. L’étude analytique a montré que dans la maladie de Crohn, l’anémie était associée au sexe féminin (p = 0,014) et à la localisation iléale (0,017). Dans la RCH, la forme pancolique (p = 0,039) et l’activité de la maladie étaient les facteurs les plus retrouvés avec l’anémie. Conclusion Dans notre étude, l’anémie était présente chez plus que le tiers des patients atteints de MICI. Son mécanisme est complexe dominé par l’inflammation et la carence martiale absolue. Sa présence est liée au sexe, à la localisation et l’activité de la maladie. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.revmed.2016.10.168 CA034

Maladie cœliaque de l’adulte et thrombose : rôle des facteurs thrombopholiques W. Dahmeni 1,∗ , I. Akkari 2 , I. Ben Jazia 2 , W. Ben Yahia 3 , A. Bouker 3 , A. Atig 3 , F. Bahri 4 1 Gastro-entérologie, hôpital universitaire Sahloul, CHU Sahloul, Sousse, Tunisie 2 Médecine interne et gastro-entérologie, CHU Farhat Hached, Sousse, Tunisie

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Médecine interne, CHU Farhat Hached, Sousse, Tunisie CHU Farhat Hached, Sousse, Tunisie ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (W. Dahmeni) 4

Introduction La survenue d’évènements thromboemboliques au cours de la maladie cœliaque est signalée dans la littérature surtout chez l’adulte. L’objectif de notre étude est de déterminer la prévalence et les caractéristiques cliniques des thromboses au cours de la maladie cœliaque et de préciser le rôle des facteurs de thrombophilie. Patients et méthodes Il s’agit d’une série rétrospective, de quatre observations de thrombose parmi une cohorte de 45 patients ayant une maladie cœliaque révélée à l’âge adulte. Un bilan biologique à la recherche d’une thrombophilie acquise ou constitutionnelle a été réalisé dans les quatre cas. Résultats Entre 2000 et 2014, une maladie cœliaque a été diagnostiquée chez 45 patients, parmi lesquels 4 cas de thrombose ont été colligés, soit une prévalence globale de 8,8 %. Il s’agissait de 3 femmes et 1 homme ayant un âge moyen de 26 ans [18–32]. Aucun malade n’avait d’antécédents familiaux de thrombose. Les manifestations thrombotiques précédaient le diagnostic de maladie cœliaque dans deux cas. Deux patients avaient présenté deux localisations thrombotiques concomitantes : l’un avait une thrombose veineuse profonde du membre inférieur gauche associée à une thrombose portale, l’autre avait un thrombus intracardiaque et une thrombose portale extensive. La thrombose était de siège mésentérico-porte dans le troisième cas et cérébrale dans le quatrième cas. Des facteurs de risque de thrombose étaient identifiés chez les quatre patients et pouvaient tous être reliés à la maladie cœliaque : hyperhomocystéinémie (n = 1), anticorps antiphospholipides (n = 1) et déficit en protéine C et S (n = 2) liés à une carence en vitamine K. L’évolution chez les trois patients était favorable sous traitement anticoagulant et régime sans gluten. Conclusion Le diagnostic de maladie cœliaque doit être évoqué devant des manifestations thrombotiques inexpliquées même en l’absence de signes digestifs. Des facteurs de risque de thrombose peuvent être acquis au cours de cette maladie. Il faut rechercher ces facteurs, les corriger, voire mettre en place une prophylaxie thromboembolique. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.revmed.2016.10.169 CA035

Thrombose portale au cours de la cirrhose : profil évolutif et facteurs prédictifs de morbi-mortalité B. Bouchabou 1,∗ , T.H. Ben 1 , J.K. El 1 , M. Leila 1 , K. Sana 1 , H. Fatma 1 , S. Mohamed 2 , R. Dabbech 2 , Y. Said 2 , T. Najjar 2 1 Hépato-gastro-entérologie, 13, impasse Des-Fruits, Ariana, Gouvernorat de l’Ariana, Tunisie 2 Hépato-gastro-entérologie, hôpital Charles-Nicolle, Tunis, Gouvernorat de Tunis, Tunisie ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (B. Bouchabou) Introduction La thrombose porte (TP) est une complication fréquente au cours de la cirrhose. Sa prévalence se situe entre 1 et 26 % en dehors du contexte du carcinome hépatocellulaire (CHC). La cirrhose peut être considérée comme un état prothrombotique du fait d’un déséquilibre dans la balance des facteurs pro- et anticoagulants endogènes. L’anticoagulation (AC) étant clairement inefficace lors du carcinome hépatocellulaire, sa place reste néanmoins discutable dans les thromboses cruoriques. Le but de notre étude est de décrire le profil évolutif de la thrombose portale cruorique au cours de la cirrhose et d’établir une corrélation entre la survenue de la thrombose et la sévérité de l’hépatopathie.

74e Congrès franc¸ais de médecine interne – Deauville, 8 au 10 décembre 2016 / La Revue de médecine interne 37 (2016) A141–A267

Patients et méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective colligeant tous les cas de cirrhose pris en charge dans le service de gastroentérologie et hépatologie de l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis entre janvier 2004 et décembre 2015. Tous les patients avec une TP en dehors d’une thrombose néoplasique ont été inclus. Résultats Trois cent cirrhotiques ont été inclus. Une TP était diagnostiquée chez 41 patients (13,66 %). Il s’agissait de 23 hommes et de 17 femmes d’âge moyen égal à 62,8 ans (de 18 à 85 ans). L’étiologie de la cirrhose était virale B dans 30 % des cas, virale C dans 20 % des cas. La cirrhose était classée Child-Pugh A dans 12,5 % (n = 5) des cas, Child-Pugh B dans 27,5 % (n = 11) des cas et ChildPugh C dans 60 % (n = 24) des cas, le score de MELD moyen était de 18. La découverte de la TP était observée lors d’une échographie de dépistage au cours de la surveillance d’un cirrhotique dans 42,5 % (n = 17) des cas, inaugurale, concomitante au diagnostic de la cirrhose dans 27,5 % des cas, au décours d’une complication dans 30 % des cas (n = 12). Chez 4 patients l’enquête étiologique avait révélé un déficit en protéine C, S et antithrombine. Chez les 23 patients ayant bénéficié d’un traitement anticoagulant, une reperméabilisation de la thrombose était observée chez 6 patients, une extension était notée chez 1 patient et un aspect stable de la thrombose était objectivé chez 8 patients. L’évolution chez les patients n’ayant pas été traité, était dominée par un aspect stable de la thrombose. Dans notre série, il existait un lien significatif entre le Child-Pugh C et la survenue d’une thrombose porte (p = 0,002). On a également noté que la présence d’une TP augmentait significativement la morbi-mortlité au cours de la cirrhose. Conclusion La cirrhose s’accompagne ainsi d’un état d’hypercoagulabilité plus important au niveau portal et qui semble corrélé à la sévérité de l’ hépatopathie. L’apparition d’une thrombose porte est un tournant évolutif majeur soulignant l’intérêt d’un traitement anticoagulant curatif et préventif permettant d’améliorer le pronostic chez les cirrhotiques. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.revmed.2016.10.170 CA036

Apport de la cœlioscopie dans le diagnostic étiologique des ascites exsudatives isolées N. Elleuch 1 , W. Dahmeni 1,∗ , A. Ben Slama 1 , H. Jaziri 1 , I. Ben Mansour 2 , A. Brahem 1 , M. Ksiaa 1 , A. Jmaa 1 1 Gastro-entérologie, hôpital universitaire Sahloul, CHU Sahloul, Sousse, Tunisie 2 Hépato-gastro-entérologie, CHU Sahloul, Hammam Sousse, Tunisie ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (W. Dahmeni) Introduction L’ascite exsudative est une entité clinique fréquente dont le diagnostic étiologique pourrait, dans certains cas, imposer le recours à des explorations invasives telle que la cœlioscopie diagnostique qui, malgré son faible taux de morbidité, reste un examen invasif non dénuée de risques. Le but de notre étude est de préciser l’apport de la cœlioscopie et sa place dans la démarche diagnostique au cours des ascites exsudatives. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive étalée sur une période de 10 ans allant de 2006 à 2015, incluant tous les malades hospitalisés dans notre service pour une ascite exsudative isolée. Tous les patients ont bénéficié d’un scanner thoraco-abdomino-pelvien ainsi qu’une endoscopie digestive haute et basse qui sont revenus normales. Une cœlioscopie diagnostique avec des biopsies péritonéales ont été par la suite réalisées. Résultats Parmi 112 patients hospitalisés pour une ascite exsudative, 72 (64,2 %) avaient eu une cœlioscopie diagnostique. Ils étaient répartis en 25 femmes (54 %) et 21 hommes (45 %), d’âge

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moyen de 52 ans [20–75 ans]. Outre la distension abdominale, les signes cliniques étaient prédominés par l’altération de l’état général ainsi que les douleurs abdominales diffuses rapportées dans 83,3 % des cas. Le taux moyen de protides dans le liquide d’ascite était de 51,6 g/L. La cellularité moyenne était de 770 éléments/mm3 . La laparoscopie exploratrice, réalisée après un délai moyen de 11 jours par rapport au jour d’hospitalisation, était normale dans un seul cas, chez un patient cirrhotique. Ailleurs, elle avait montré des granulations péritonéales (83,3 %), un épaississement du mésentère (16,6 %), une agglutination des anses digestives (6,9 %). Le diagnostic histologique final était une tuberculose péritonéale dans 60 cas, une carcinose péritonéale dans 11 cas, et un remaniement inflammatoire non spécifique dans un cas. Une concordance entre le diagnostic suspecté en peropératoire et le diagnostic final était noté dans 90,2 % des cas. Aucune complication postopératoire n’a été rapportée. Conclusion Notre étude met en exergue l’intérêt de la cœlioscopie avec les biopsies péritonéales dans l’exploration des ascites exsudatives isolées permettant de retenir un diagnostic étiologique dans tous les cas. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts. http://dx.doi.org/10.1016/j.revmed.2016.10.171 CA037

Il y a-t-il encore un intérêt à faire des biopsies coliques systématiques sur muqueuse normale au cours des diarrhées chroniques ? A. Sabbek 1,∗ , S.S. Jardak 2 , N. Elleuch 3 , M. Ksiaa 4 , J. Hanen 5 , I. Ben Mansour 4 , B. Ahlem 5 , S. Ajmi 4 , A. Jmaa 4 1 Gastro-entérologie, hôpital universitaire Sahloul, CHU Sahloul, Sousse, Tunisie 2 Gastro-entérologie, hôpital universitaire Mohamed Taher Maamouri, Nabeul, Tunisie 3 Gastro-entérologie Sahloul, Khzema, Sousse, Tunisie 4 Hépato-gastro-entérologie, CHU Sahloul, Hammam Sousse, Tunisie 5 Gastro-entérologie, Sahloul, Sousse, Tunisie ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (A. Sabbek) Introduction Les colites microscopiques représentent une étiologie fréquente de diarrhée chronique non hémorragique, retrouvées dans 10 à 20 % des cas des biopsies systématiques réalisées lors d’une iléocoloscopie normale. Il s’agit d’une pathologie bénigne dont le choix thérapeutique tient compte de la sévérité des symptômes ainsi que son retentissement sur la qualité de vie des patients. Le but de notre travail est de souligner l’intérêt des biopsies étagées systématiques lors de l’investigation pour une diarrhée chronique avec endoscopie normale et d’analyser les aspects épidémiologiques, cliniques et histologiques des malades suivis pour une colite microscopique ainsi que les modalités thérapeutiques et évolutives. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive monocentrique, étalée sur une période de 6 ans (2010 à 2016), colligeant tous les patients, explorés pour une diarrhée chronique avec une endoscopie normale, ayant bénéficié de biopsies systématiques étagées au service d’hépato-gastro-entérologie de Sousse. Le diagnostic de colite microscopique est retenu en présence d’une muqueuse colique d’aspect macroscopique normal et des lésions histologiques caractérisées par une augmentation des lymphocytes intra-épithéliaux en cas de colite lymphocytaire et un épaississement de la bande collagène sous-épithéliale en cas de colite collagène. Résultats Cent soixante et un patients ont été inclus. L’âge moyen était de 55,3 ans avec des extrêmes allant de 11 ans à 82 ans. Le sexratio était de 0,87 [H/F = 75/86]. Les biopsies iléocoliques étaient normales dans 90,68 % des cas (n = 146), et avaient révélé 15 cas