Variations géographiques du démarrage en urgence de la dialyse chronique en Bretagne

Variations géographiques du démarrage en urgence de la dialyse chronique en Bretagne

Communications orales / Néphrologie & Thérapeutique 14 (2018) 247–277 (IC) à 95 % 0,54–0,9, et sub distribution-hazard ratio 0,7, IC 95 % 0,54–0,91)...

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Communications orales / Néphrologie & Thérapeutique 14 (2018) 247–277

(IC) à 95 % 0,54–0,9, et sub distribution-hazard ratio 0,7, IC 95 % 0,54–0,91). Le risque d’échec technique secondaire à une péritonite était significativement plus élevé dans le deuxième cluster de centres (cause-specifique hazard ratio 2,37 IC 95 % 1,23–4,59, et sub distribution-hazard ratio 2,48 IC 95 % 1,29–4,78). Dans le modèle de Cox multi-niveau, la variance de l’effet centre diminuait de 5,33 % après ajustement sur les variables individuelles, et de 25,9 % après ajustement sur les variables individuelles et les clusters. Discussion Cette étude propose l’originalité d’étudier des clusters de centres aux pratiques similaires. L’effet de l’ensemble des variables liées aux centres est ainsi évalué. L’avantage de cette approche est que les centres issus des clusters à risques pourraient ainsi être identifier pour y mener prioritairement des actions ciblées d’amélioration de la qualité. Conclusion Cinq clusters de centres aux pratiques de soins de la DP similaires ont été identifiés en France. Ces clusters étaient associés à des survies techniques différentes. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs n’ont pas précisé leurs éventuels liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.nephro.2018.07.026 CO-E05

Variations géographiques du démarrage en urgence de la dialyse chronique en Bretagne C. Padilla 1,∗ , M. Raffray 1 , A. Pladys 1 , C. Vigneau 2 , S. Bayat 1 Université Rennes, EHESP, Recherche en pharmaco-épidémiologie et recours aux soins (REPERES), EA 7449, 35000 Rennes, France 2 Service de néphrologie, CHU Pontchaillou, 2, rue Henri-Le-Guilloux, 35000 Rennes, France ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : [email protected] (C. Padilla)

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Introduction Le recours au démarrage en urgence de la dialyse chez les insuffisants rénaux chroniques terminaux augmente considérablement le risque de morbidité et de mortalité et diminue la qualité de vie des patients. L’objectif de cette étude est d’analyser les disparités géographiques de démarrage en urgence de la dialyse en Bretagne et de déterminer les facteurs qui pourraient expliquer ces différences. Patients/Matériels et méthodes Tous les insuffisants rénaux chroniques terminaux, âgés de 18 ans et plus, résidant en Bretagne et ayant démarré la dialyse entre 2009 et 2015 ont été inclus (données extraites du Registre REIN). La distribution spatiale du démarrage en urgence de la dialyse a été évaluée par la méthode statistique de balayage à l’aide du logiciel SaTScan en comparant l’incidence de cas ayant démarré la dialyse en urgence à l’intérieur et à l’extérieur du cercle. Dans un premier temps, une analyse spatiale brute a permis d’identifier des communes ayant un risque significativement plus ou moins élevé de démarrage de la dialyse en urgence (en comparaison avec les autres communes de la région). Dans un deuxième temps, les caractéristiques des patients (données sociodémographiques, biologiques, cliniques et accès aux soins) ainsi que les caractéristiques des communes (données sociodémographiques, degré d’urbanisation) des zones ayant un suret sous-risque de démarrage en urgence de la dialyse ont été comparées afin d’identifier les facteurs qui pourraient influencer les disparités géographiques de recours à la dialyse en urgence. Observation/Résultats Cette étude a identifié deux zones ayant respectivement un sur-risque et un sous-risque significatif de démarrage en urgence de la dialyse autour des communes de Quimper et de Rennes. Aucune différence significative entre les caractéristiques biologiques et cliniques des patients de ces 2 zones n’a été observée. Cependant, le pourcentage de chômeurs et la proportion de communes rurales étaient significativement plus élevée dans la zone ayant un sur-risque de démarrage en urgence de la dialyse (respectivement 10,8 % vs 7,8 % p < 0,001 et 75 % vs 66 % p < 0,001).

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Discussion/Conclusion L’analyse spatiale nous a permis d’identifier les zones ayant un sur- ou sous-risque de démarrage en urgence de la dialyse. Ces résultats sont importants car le démarrage en urgence de la dialyse est en partie évitable. Les résultats permettront aussi de cibler les futures recherches et interventions afin de diminuer le recours au démarrage de la dialyse dans un contexte d’urgence. Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs n’ont pas précisé leurs éventuels liens d’intérêts. https://doi.org/10.1016/j.nephro.2018.07.027 CO-E06

Disparités infrarégionales d’incidence de l’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT)–influence de la défaveur socio–économique et de l’environnement F. Occelli 1,∗ , M. Genin 2 , C. Lanier 1 , F. Glowacki 1 Institut Pasteur de Lille, EA 4483, IMPECS, IMPact de l’Environnement Chimique sur la Santé humaine, université Lille, CHU Lille, Lille, France 2 EA 2694, Santé publique : épidémiologie et qualité des soins, université Lille, CHU Lille, Lille, France ∗ Auteur correspondant. Adresse e-mail : fl[email protected] (F. Occelli)

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Introduction De fortes disparités d’incidence de l’IRCT ont récemment été observées entre les départements de France métropolitaine avec une influence notable du diabète et de la précarité sociale des populations. La littérature récente suggère également une part attribuable à l’environnement. Une analyse spatiale à fine échelle de l’incidence d’IRCT a été effectuée au sein d’une des régions les plus touchées, afin de rechercher des facteurs de risque. Patients/Matériels et méthodes Une étude écologique géographique a été menée à partir de l’ensemble des cas incidents d’IRCT recensés dans cette région à partir du registre REIN entre 2005 et 2014. Des méthodes de cartographie de ratios d’incidence standardisés (SIR lissés) et de détection de clusters atypiques d’évènements (statistique de scan), ajustées sur l’âge, le sexe et la prévalence de diabète ont été menées pour mettre en évidence des disparités d’incidence à l’échelle cantonale. Les clusters de surincidence (C + ) et de sous-incidence (C − ) détectés ont été décrits et comparés à l’aide (i) des données cliniques des patients (caractéristiques néphropatiques et comorbidités) afin d’évaluer l’influence de pratiques médicales ; (ii) de données écologiques (démographie médicale, précarité des populations, occupation du sol et pollution atmosphérique) afin d’évaluer l’influence de l’offre de soins et de facteurs de risques dans la genèse de ces disparités spatiales. Observation/Résultats La cartographie des SIR lissés montre de fortes disparités infrarégionales d’incidence d’IRCT, avec la présence de deux clusters de sur-incidence (Risque relatif de 1,24 pour C + 1 et 1,18 pour C + 2), et trois clusters de sous-incidence (Risque relatif de 0,74 pour C − 1 ; 0,78 pour C − 2 ; 0,83 pour C − 3). Les clusters de sous-incidence sont plutôt retrouvés au niveau des zones rurales, suggérant l’influence de déserts médicaux. Il n’existe pas de différences de pratiques de prise en charge entre les clusters. Les clusters de sur-incidence hébergent des populations plus défavorisées que les clusters de sous-incidence. Cela confirme la forte influence de la précarité socio–économique dans la maladie rénale chronique. Il existe également des différences de niveau de pollution entre les clusters, avec des niveaux très élevés sur C + 2, très faibles sur C − 1 et moyens sur C − 2, C − 3 et C + 1. Discussion/Conclusion L’ajustement sur la prévalence de diabète permet de mettre en avant d’autres facteurs de risque et devrait être mis en oeuvre en routine dans ce type d’analyse. Le poids de la précarité par rapport à celui de l’environnement ne semble pas identique quel que soit le cluster détecté. Une analyse multivariée est désormais nécessaire.